Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 39. (Budapest, 1972)

ROSENBERG, PIERRE: Dessins de Le Sueur a Budapest

avancer avec vraisemblance la date de 1654, il est difficile d'être tout à fait aussi précis en ce qui concerne les deux toiles de Venise. Rouchès propose fort justement de dater la décoration du Louvre des dernières années de la vie de Le Sueur, entre 1(552 et 1055. 10 Ce sont en effet les années durant lesquelles l'architecte Lemercier entreprend le réaménagement de ces pièces avant d'être remplacé, à sa mort, en 1654, par Le Vau. Il nous faut encore reproduire (fig. 57) une autre belle feuille de Le Sueur, éga­lement conservée à Budapest, qui témoigne de la perfection du talent de l'artiste à l'apogée de sa carrière. 11 Il n'est pas difficile de la rapprocher, ainsi qu'un dessin du musée Fabre à Montpellier (fig. 58), 12 d'un dessin plus complet, passé au carreau, conservé au Cabinet des Dessins du Louvre (fig. 59). 13 Ce dessin représente Curtius se précipitant dans le gouffre et, comme l'avait déjà pressenti L. Dussieux, 14 est une étude pour le tableau disparu mais mentionné par Florent Le Comte, dès l'extrême fin du XVII e siècle, parmi les tableaux peints pour M. Planson 15 . Or nous avons pu identifier (fig. 60), dans une collection privée londonienne, 16 un tableau de ce sujet sur lequel il est vrai ne se trouvent pas diverses figures représentés sur les dessins de Budapest et de Montpellier qui en revanche se voient sur le dessin du Louvre. Qu'en conclure? Le tableau de Londres n'est-il qu'un fragment, Le Sueur a-t-il modifié sa composition primitive (le dessin du Louvre) pour en venir à celle que nous reproduisons ici (le tableau de Londres) ou encore a-t-il peint à deux reprises le sujet de Curtius et le tableau serait-il alors la première version d'un sujet qu'il allait à nouveau aborder plus tard? C'est cette solution cpie nous avancerions d'au­tant plus volontiers que Le Sueur aimait à répéter ses compositions, tout en les modifiant. En effet, le dessin de Budapest semble dater de la pleine maturité de Le Sueur; au contraire, le tableau anglais est caractéristique des débuts de Le Sueur au sortir de l'atelier de Vouet. La composition n'a pas encore cette clarté que hou trouve par exemple dans les deux tableaux du Séminaire de Venise. Elle est mouve­mentée, dramatique, toute imprégnée encore, ne serait-ce que dans les déformations des mains, de l'influence de Simon Vouet. Le Sueur n'était pas encore influencé par Raphaël dont il allait devenir l'admirateur inconditionnel et le fidèle disciple. Les trois dessins de Budapest sont les témoins de cette admiration toute lointaine (rap­10 R o u c h è s, G.: Eustaehe Le Sueur. Paris, Alcan, 1923, pp. 41 -42. 11 Inv. 2873. Pierre noire et rehauts de craie sur papier gris-beige. En bas à droite h la plume «Le Sueur». H. 410 mm X L. 249 mm. S'il porte le cachet Esterházy, il ne semble pas provenir de la collection Lempereur. 12 «Une femme faisant un geste d'effroi» Catal. Musée 1878 (Lafenestre et Michel) p. 110; partie du lot 469 «trois dessins renfermés dans le même cadre». Don Fabre. 13 Inv. 30 059. H. 209 mm X L. 237 mm. Pierre noire. — G ni f f r e y, J. — M a r c e 1, P. : Musée du Louvre, Musée de Versailles. Inventaire Général des dessins de l'Ecole Fran­çaise, IX, 1921, n° 9165. Bea n, J. et B a c o u, R. dans catal. expo. Dessins français du XVII e siècle, Musée du Louvre, 1900, n° 00. » Ibid., note 4, 1852- 1853, pp. 98 et 1 Ri. 15 F 1 o r e n t Le Co m t e, Cabinet des Singularité/ ...ill, Bruxelles, 2 e ed. 1 702, pp. 81 — 82: «Pour Monsieur Planson, deux tableaux de cheminée; l'un représente le Conseil accompagné de la Sagesse, de la Prudence et du Silence et l'autre Marcellus Curtius qui paraît se précipiter dans un gouffre de feu». " ; Toile. H. 1 10 cm X L. 89 cm. Collection John Harris, Londres, qui nous remercions de nous autoriser à reproduir ce tableau.

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