Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie
laquelle le détail de retable qui, en 1940, a figuré à l'exposition de Budapest, serait en effet l'oeuvre du maître dit de Cardona. Puisque le panneau n'a, depuis 1946, pas réapparu en Hongrie, il ne serait aucunement actuel de parler se son analogie retrouvée dans l'école de Serra, ni de démontrer son importance iconographique. Dans l'essence, aussi le panneau très intéressant se terminant en haut par un arc à dos d'âne et publié comme l'oeuvre de Jaime Cirera, un disciple de l'école de Serra, semble attester que la collection Kuffner dut renfermer des tableaux primitifs espagnols uniques en Europe Centrale. Cette «Crucifixion» à nombreux personnages, très mouvementée, peinte au milieu du XV e siècle et ayant probablement couronné un retable, a figuré, en 1947, chez Post encore comme faisant partie de la collection Kuffner, 95 niais déjà en 1948 il fut vendu à New York, à la vente de Parke Bernét. Malheureusement, nous n'avons pas réussi a nous procurer le catalogue dans lequel il figurait, ainsi nous ne savons qu'autant qu'à la vente il a passé sous le marteau sous le n° 606. Post edit du retable qu'il est l'oeuvre peut-être la plus importante d'un des maîtres illustres du style international, et que la composition est à vrai dire une variante de la «Crucifixion», un panneau du retable de «Saint Michel et de Saint Jean Baptiste» de San Lorenzo de Morùnys. Par ailleurs la composition remonte à un modèle flamand, très populaire aussi dans la peinture allemande et hongroise du XV e siècle. Tel est le schéma de la composition du panneau de la «Crucifixion» de Tamás Kolozsvári, dont les détails présentent nombreux traits analogues au panneau dit l'oeuvre maîtresse de Jaime Cirera. C'est comme une oeuvre caractéristique de Martin de Soria, un disciple aragonais de Huguet, que Post publie le retable 911 dont le panneau central porte l'archange Saint Michel et Saint Antoine l'Ermite. Ce retable dont le couronnement, semblablement à l'oeuvre de Jaime Cirera, a représenté la Crucifixion, le volet senestre la Procession sur le mont Gargano et la Mort de Saint Michel, et le volet destre les scènes de la vie de Saint Antoine. Sur la partie centrale de la prédelle sont peint l'«Homme de douleurs», sur les côtés Saint Jean et Saint Mathieu, ainsi que Sainte Ursule et Sainte Quitéria. 97 La raison pour laquelle nous avons parlé ici du retable est qu'en 1941, Post l'avait mentionné encore dans l'ancienne collection Kuffner. Plus tard le retable a passé dans la collection de Paul Drey à New York, puis de là, encore avant 1958, au musée de Boston. C'est là que J. A. Gaya Nuno le décrit pour la première fois et donne aussi ses dimensions. 98 En exposant dans la présente étude les oeuvres espagnoles du XV e siècle nous sommes loin d'avoir énuméré toutes les créations conservées autrefois en Hongrie. A partir de la fin du XIX e siècle on a vu de temps en temps apparaître, à des ventes et dans les études sur les collections, un panneau figurant dans les catalogues comme un tableau du XV e siècle ou dit «Primitif», et qui, depuis, se cache chez un propriétaire inconnu, ou fut détruit ou a quitté la Hongrie par suite des troubles économiques ou politiques. Le Musée des Beaux-Arts a acheté des tableaux espagnols du XV e siècle pour la première fois en 1894 («Maître du Rosaire»), puis en 1907 (La mise au tombeau de Pedro Sanchez), en 1910, et en 1912. Depuis le legs Enyedi, 1,3 P o s t, Ch. R. : op. cit., IX, 2, 1947, pp. 753, 754; fig. 309. 96 P o s t, Ch. R.: op. cit., VIII, l, p. 354, fig. 152. 97 Ibid., p. 354. 98 P o s t, Ch. R.: op. cit., n" 2676, 257X 185 cm. Actuellement au Museum of Fine Arts de Boston. N d'inv.: 42.42. Si le n° d'inventaire permet d'en tirer des conclusions, le ret aide dut entrer au musée de Boston en 1942. Ce fait pourrait lui aussi étayer notre opinion selon laquelle la collection Kuffner s'était dispersée après 1939