Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 38. (Budapest, 1972)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Oeuvres de maîtres espagnols du XVe siecle en Hongrie
Les représentants de la conception du siècle dernier, favorisant le style classieiste ou baroque, n'ont pas consacré trop d'attention aux oeuvres des peintres dits primitifs — les collectionneurs du XIX e siècle en témoignent — môme si c'était un rare chef-d'oeuvre comme le tableau de Pedro Sanchez qui surpasse de loin les oeuvres espagnoles de son époque. Nous avons déjà signalé à propos du panneau de Solibes entré au Musée des Beaux-Arts, que c'est dans une collection particulière de Budapest que se trouve le pendant du «Saint André» qui représente Saint Pierre. C'est à un maître catalan, Pedro Espalargues (selon une autre écriture Espalregucs) qu'on peut attribuer le panneau de retable qui, entre 1909 ou 1915 et 1940, était également conservé dans la collection Kuffner de Magvardiószeg. Ce panneau relativement étroit (76 X 121 cm) et exécuté pour constituer le <<cuerpo» d'un retable, représentait la «Vierge en Majesté». 79 Le retable se trouvait jadis au couvent de Sijena où Ricardo de Arco l'a vu, et a décrit le retable qui, avant 1915, devait être encore «in situ». 80 Le panneau central du retable a représenté la Vierge en majesté avec l'Enfant et deux anges. Post a démontré (pie la religieuse agenouillée devant le trône que le phylactère nomme «Devota oratix Caterina Diez», n'était pas l'abbesse du couvent de Sijena, 81 mais une simple religieuse qui adresse au trône sa prière inscrite sur le phylactère s'enroulant vers le manteau richement drapé de la Vierge. Le nom de la religieuse est la forme catalane du nom castillan «Catalina», ainsi non seulement le peintre et le couvent appartinrent à la province sud-ouest de l'Espagne, mais la religieuse elle aussi. Les lettres fines et bien proportionnées de l'inscription permettent de lire «O Mater Dei meme(n)to semp(er) mej». On rencontre sur nombreuses oeuvres d'Espalargues des analogies du retable d'origine sijenoise, et c'est surtout la forme du visage de la Vierge qui se répète sur plusieurs oeuvres considérablement plus faibles que le panneau de l'ancienne collection Kuffner. 82 Sur la plupart des panneaux attribués à ce maître on voit des décors de stuc doré, très affectionnés en Aragon, et on peut présumer que cette forme décorative n'ait été à Barcelone, plus urbaine et plus francisante, pas aussi populaire que parmi les clients provinciaux des couvents cachés dans les montagnes et des paroisses de village. Le décor de stuc doré est présent le plus souvent dans la riche ornementation végétale du fond et dans les décors en relief des bords des manteaux. 83 Le panneau fut publié en 1941 par Post cpii le mentionnait alors comme se trouvant dans l'ancienne collection Kuffner. Les deux déjà antérieurement en Angleterre. Néanmoins, nous présumons (pie si le tableau ait alors appartenu encore à Don Manuel, Amador de los Rios n'aurait pas manqué de le mentionner, vu cpi'il donnait des informations abondantes sur nombreuses oeuvres bien moins importantes. 79 Cf. I' o s t, Ch. R.: op. cit., VIII, 2, p. 730; la description des oeuvres d'Espalargues, mais sans le panneau de la collection Kuffner, voir ibid. VI i, 1, pp. 338 et suiv. Les dimensions du panneau sont publiées par J. A. Gaya Nu n o (op. cit., n° 688) qui remarque qu'on ignore où il est actuellement conservé. , 80 Arte espanol, II, p. 4Kb 81 Op. cit., p. 731. 82 Par ex. le retable de Sainte Lucie, collection Juner, Barcelone; son décor de stuc dénote les caractéristiques du style aragonais, bien qu'on .rencontre des formes analogues ici et là aussi en Castille. 83 Un tel est le retable peint en 1490 et signé des noms des donateurs et d'Espalargues, conservé actuellement à la Hispanic Society de New York. Sur le panneau de l'«Adoration des Rois mages» par ex. ce sont les gloires, les bols à onction et les couronnes des rois que le peintre, ou un membre de son atelier connaissant la mode aragonaise, avait orné de décors en relief.