Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 36. (Budapest, 1971)

BISI, ANNE MARIE: La collection d'antiquités puniques du Musée des Beaux-Arts de Budapest

Les plus importants, à cet égard, sont les nos n os 1 — 5, 7— 9. Dans les fiches <iu catalogue nous avons déjà dressé les parallèles les plus proches de ces formes, qui sont à la fois tirés du répertoire phénico-chypriote et punique archaïque. Néanmoins, il faut remarquer que dans la plupart des cas, il s'agit des typologies documentées surtout dans l'extrême Occident (Mogador, Rachgoun, l'Espagne du Sud) plutôt qu'à Carthage menu 1 . Les raisons de ce phénomène n'ont été jusqu'à présent suffisam­ment expliquées. On a pensé, toutefois, tantôt à des liens jamais interrompus et qui se poursuivent jusqu'à l'époque hellénistique, entre la région phénicienne et les colonies du littoral atlantique du Maroc, 23 tantôt — et avec plus de vraisemblance 24 — à une vague coloniale phénicienne — pas encore carthaginoise et en tout cas indépendente de cette dernière — qui s'est établie au cours du VIII e siècle (début du VII e au maximum) dans ces régions, tout en gardant ses coutumes et ses traditions artistiques qui venaient directement de la Syrie et de Chypre, et sans se mélanger — sauf peut-être en Espagne — avec les Carthaginois, arrivés plus tard (c'est-à-dire au cours du VI e siècle av. n. è.). 25 Le n° 1 — oenochoé à bobèche — est une forme que Gjerstad pense d'origine phé­nicienne, 21 ' comme la cruche à bec trilobé et anse à boudin (n os 12— 13) ; 27 mais, adoptée bientôt à Chypre, elle devient typique de la production chypriote des quatre premiers siècles de l'âge du Fer; 28 revêtue de l'engobe rouge que je n'ai pas hésité à considérer avec Tarradell comme une particularité technique locale, 29 elle se répand de l'île dans tous les domaines phéniciens de l'Ouest. On la retrouve en effet dans les premiers établissements puniques en association avec des kot ni ai proto-corinthiennes de la première moitié du VII e siècle. 30 La forme des n os 23 — 25 au contraire — brûle-parfums à deux coupes super­posées — n'est attestée (à ma connaissance) jusqu'à présent en Phénieie 31 tandis qu'elle se retrouve à Chypre dans sa variante en métal. 32 Bien que K. Gjerstad pense quelle tire son origine la plus lointaine de l'Egypte, 33 la fréquence avec laquelle elle apparaît dans le milieu occidental témoigne en faveur de sa diffusion dans les centres phéniciens de l'île de Chypre. Il est à remarquer, à ce propos, que presque tous les brûle-parfums des VII e et VI e siècles retrouvés dans les colonies 23 C'est l'opinion, aujourd'hui Supérée, de P. Cintas dans son ouvrage: Contri­bution à l'étude de l'expansion carthaginoise au Maroc. Paris, 1954, pp. 45 — 50. 24 C'est l'opinion de A. J o d i n (Mogador, comptoir phénicien du Maroc, cit., pp. 74- 76, 118- 120, de F. V i 1 1 a r d (Céramique grecque du Maroc: Bull. d'Archéol. Marocaine, IV, 1960, p. 1 et suiv.), de G. V u i l 1 e m o t (Reconnaissances, cit., passim) et de moi même (Aspetti e problemi délia ceramica punica arcaica dipinta, cit., passim et surtout la p. 42). 23 Néanmoins, on n'a trouvé aucun document archéologique daté du VII e siècle à Ibiza qui, selon la tradition littéraire, aurait été fondée en 654 av. n. è. 26 Gjerstad, E. : The Swedish Cvprus Expedition, IV, 2, cit., pp. 295 - 296. 27 Ibidem, p. 296. 28 Ibidem, p. 295, fig. XIX, 4; XXII, 11-13; XXV, etc.; voir aussi J. Birmin­gham: The Chronology of Some Early and Middle Iron Age Cypriot Sites: A.J.A., LXVIT, 1963, p. 24. 29 Bis i, A. M.: KyiïPIAKA, cit., p. 56. 3(1 P e 11 i c e r Catalan, M. : Exeavaciones en la necropolis púnica «Laurita», cit., pp. 63-64, fig. 32, 35, pl. V, 3; XX. 31 Elle peut avoir pris son essor des fruitières de l'Age du Bronze palestinien: G a r r o w D u n c a n, J. : Corpus of Dated Palestinian Pottery, cit., type 17, auquel l'on peut encore rapprocher quelques exemplaires puniques tardifs : C i n t a s, P. : Céramique punique, cit., pl. L, n os 83-85, 90-92. 32 G j e r s t a d, E. : The Swedish Cyprus Expedition, IV, 2, cit., p. 149, fig. 22. 33 Ibidem, fig. XXVII, 14-15; XXXII, etc.

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