Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 34-35. (Budapest, 1970)
POGÁNY — BALÁS, EDITH: Remarquessur la question des antécédents et de la survivance des motifs de quelques gravures de Marcantonio Raimondi
exécutée aussi la feuille de Marcantonio dont le caractère métallique se conforme à l'objet de bronze. Les figures de femmes se tenant sur un socle trilatéral orné de têtes de bélier et se tenant les mains, tiennent de l'autre main sur leur tête un récipient orné de salamandres et de fleurs de lys. L'idée de la composition remonte aux représentations antiques des Charités ou de Hekaté. 32 C'est d'après cette gravure que Germain Pilon, chargé par Catherine de Medicis, avait exécuté, en 1500, pour le «Monument du coeur de Henri II» son oeuvre intitulée «Les Trois Grâces», qui plus tard est entrée au Louvre. 33 On sait que Cézanne avait exécuté, dans les années 1880, des dessins de cette sculpture, 34 et il est peu probable qu'il n'ait pas reconnu la liaison entre la gravure de Raimondi et la sculpture de Germain Pilon. La parenté entre la gravure de Raimondi et les Trois Grâces de Pilon fait du jour encore sur d'autres connexités : selon Dimier, 35 l'oeuvre de Pilon fut exécutée d'après un dessin du Primatice, et sur les anciens décors de stuc du Primatice faits au château de Fontainebleau (fig. 107), pour l'appartement de la duchesse d'Etampes, on retrouve les mêmes caryatides, avec entre elles les têtes de bélier. 30 Elles lèvent une main dans un geste de support, le geste de l'autre main est différent, mais leur coiffure avec les tresses, ainsi que l'attitude des pieds sont les mêmes que sur la gravure. La liaison entre ces oeuvres du Primatice et la gravure de Raimondi n'a jusqu'à présent pas encore été signalée. Rubens fit, en 1022, des copies de ces décorations de stuc 37 en modifiant un peu la composition (fig. 108) ; il a supprimé le hermès du satyre, mais il a conservé le motif des têtes de bélier figurant aussi sur la gravure de Raimondi. Rubens qui a copié plusieurs gravures de Raimondi dut connaître cette gravure également. C'est encore à la gravure des Caryatides de Raimondi que se rattachent quelques figures féminines du tableau du Musée des Beaux-Arts, intitulé «Apollon et les quatre saisons» qui est sorti de l'entourage de Rosso Fiorentino et représente un cortège triomphal. 38 Les artistes — italiens et français — travaillant sous l'influence du Primatice, le chef de l'Ecole de Fontainebleau, ont beaucoup puisé au répertoire des motifs de Raimondi qui, au cours des siècles, ont inspiré encore tant d'autres artistes européens. EDITH POGÁNY-BALÁS 32 Thode, H.: op. cit., p. 29. 33 O b e r h e i d e, A.: op. cit., p. 106; Blunt, A. (Art and Architecture in France 1500 to 1700. London, 1953, pp. 98 et 64) mentionne que dans le monument du coeur de Henri II, de Germain Pilon, les figures aux proportions classiques de Marcantonio se sont transformées en les nymphes aux longs cous et aux petites têtes des stucs du Primatice dans l'appartement de la duchesse d'Etampes au château de Fontainebleau. L'auteur, en parlant des stucs ne signale point que ces stucs auraient eu des rapports avec les motifs de la gravure de Raimondi. 34 Berth old, G.: op. cit., pp. 144, 145; Venturi, L.: op. cit., 1351, 146. Deux de celles-ci sont conservées dans la collection de New York d'Ira Haupt, et une au Kupferstichkabinett de Bâle. 35 D i m i e r, L. : Le Primatice. Paris, 1928, p. 99. 36 D i m i e r, L. : op. cit., pl. VI — VII. 37 H e 1 d, J. S. : Rubens Selected Drawings. London, 1959, p. 161, pl. 172. 38 Entourage de Rosso Fiorentino : Le char d'Apollon et les Quatre saisons. Panneau, 66,8 X 147,5 cm. Selon Marianna H. Takács (Tableaux maniéristes Budapest, 1968, fig. 7) le tableau dut être peint au temps où le maniérisme florentin s'introduisit en France.