Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)
URBACH, SUZANNE: La copie du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch au Musée des Beaux-Arts
ventaire duquel, dressé le 8 juillet 1593, il en est déjà fait mention. Plusieurs données nous sont parvenues qui parlent de la collection de tableaux de Don Fernando, fils naturel du duc d'Albe. Il a confisqué la plupart de ses tableaux dans les biens de la maison régnante des Pays-Bas. Dans la liste des objets d'art confisqués (15(38) à l'Hôtel de Nassau, le palais de Bruxelles de Guillaume d'Orange (le Taciturne), se trouvait «un grand tableau de Jeronimus Bosch», 27 qui est probablement identique au Jardin des Délices. Le palais et la collection sont, en 1544, tombés en héritage à Guillaume, successeur de Henri III de Nassau. En 1517, le chanoine Antonio de Beatis, secrétaire de l'archevêque Luigi d'Aragon, rendit visite au palais, et dans sa description E. H. Gombrich a reconnu le «Jardin des Délices». 28 L'identification de la personne (Engelbrecht II de Nassau ou de Henry III de Nassau) qui avait commandé le triptyque pourrait faire du jour aussi sur la variété des collections que la maison régnante des Pays-Bas avait rassemblées. 29 Le résumé de l'histoire du triptyque peint après 1504 est le suivant: le tableau se trouvait de 1517 à Bruxelles, à l'Hôtel de Nassau, lorsque, en 1568, le duc d'Albe fit confisquer les collections de la maison de Nassau-Orange. Il passa, avant 1593, de Don Fernando en la possession de Philippe IL Le fait qu'il se trouvait à Bruxelles est attesté par la série des tapisseries, signées à Bruxelles des années après 1550 (Madrid, Patrimonio Nacional — fig. 46) et exécutées sur la commande de Granvella ou du duc d'Albe.' 0 L'analyse du style permet de dater le tableau de Budapest de la première moitié du XVI e siècle. Il dut être peint à Bruxelles entre 1517 et 1568, et son maître a copié sur toile la composition en imitant le tableau peint sur bois. Les tableaux de Bosch existaient à l'époque en plusieurs exemplaires, et les collectionneurs les ont achetés à des prix très élevés. 31 Mais même la mise au point de l'histoire du ta27 Cité aussi par T o 1 n a y, Ch. de: op. cit., 1965, p. 397; d'après P i n e h a r t, A.: Archives des arts, sciences et lettres. Gent, I860, 1, p. 185, et par Kurz, O.: op. cit., p. 152. 28 Cf. la note n» 23. 29 Sur la question de la personne qui l'avait commandé v. les ouvrages cités de Steppe, J. K. : op. cit., p. 11; Gombrich, E. IL, et de Kurz, O. Les nouvelles hypothèses justifient la théorie antérieure de B a x, D. Beschrijving en poging tot verklaring van het Tuin der onkuisheid-drieluik van Jeroen Bosch. Amsterdam, 1956. Boon, K. G. : in The Burlington Magazine, CX, 1968, p. 157. 30 S t e p p e, J. K. : op. cit., pp. 28, et suiv,. note 166, et Kurz, O.: op. cit., p. 152. Antoine Perrenot, le cardinal de Granvella, a commandé d'après les tableaux de Bosch, une série de tapisseries dont une représente le Jardin des Délices. Vers 1567, le duc d'Albe avait commandé aussi pour lui-même une série qui aurait été exécutée d'après les tapisseries de Granvella ou d'après les cartons ( ?). Le texte difficile à déchiffrer de la correspondance de 1567, relative à l'autorisation: «... que le principal est sur le prince d'Orange sur lequel le patron se peult mieulx faire comme il est vray» indique sans doute que les tableaux originaux (c'est à dire le Jardin des Délices) se trouvaient chez Guillaume d'Orange. Sur les tapisseries de Madrid le Jardin des Délices est, conformément au genre, représenté sous une forme concentrée et non comme une copie précise. — Je remercie le Patrimonio Nacional de Madrid de m'avoir autorisée à publier la photographie qu'il a bien voulu m'envoyer. 31 Le triptyque du Char de foin, mais aussi les autres oeuvres de Bosch (les tableaux de Saint Antoine) étaient, au XVI e siècle, tellement populaires qu'elles étaient dans toutes les mains en plusieurs exemplaires. Cf. Steppe, J. K. : op. cit., relativement aux tableaux de la collection de Mencia de Mendoza. Ces copies des tableaux de Bosch furent vendues à des prix très élevés. La copie que Francesco Granello avait peinte en huile d'après une toile de Bosch (!) était encore en 1609, un objet, très apprécié. J u s t i, C. : Miscellaneen ... op. cit., p. 66, et Mateo Gómez, I. : op. cit., p. 38. Sur la valeur des copies sur toile v. S t e p p e, J. K. : op. cit., p. 30. 51 i