Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 32-33. (Budapest, 1969)

URBACH, SUZANNE: La copie du «Jardin des Délices» de Jérôme Bosch au Musée des Beaux-Arts

Le tableau peint sur une toile de contexture délicate est entré au Musée des Beaux-Arts dans un fort mauvais état de conservation. 4 De larges crevasses parcou­rent sa surface recouverte d'un réseau de fines craquelures. 5 La première couche très mince et les couleurs mincement posées se sont sur une grande partie du ta­bleau écaillées. Le tableau est rogné. A l'origine, le tableau était la copie de la com­position entière, mais même dans son état intact il était plus petit que celui du Prado (220x195 cm). Ses dimensions d'autrefois durent être 186 — 7X173 — 5 cm, grosso modo les mêmes que celles des autres copies connues. 6 Le tableau mutilé ne fut jusqu'à présent ni repeint ni complété, ce ne sont que les grandes lacunes visibles dans l'angle gauche supérieur, au milieu à gauche et dans la zone inférieure qu'on avait essayé de combler sans doute encore au XIX e siècle (fig. 35). Le tableau, semble-t-il, fut mutilé peu après son exécution et, ne remplissant pas sa mission, il ne fut restauré ni au XVII e ni au XVIII e siècle. La facture, les couleurs et la technique permettent de dater le tableau de Bu­dapest du XVI e siècle et de désigner sa place dans la proximité de la peinture de Bosch. La mince couche de craie qui porte le tableau, la première couche blanche, la peinture transparente, la technique de glaçure selon laquelle sont brossées les figures de l'avant-plan, le couleur «doodverve» caractéris­tique de Bosch, témoignent que le peintre a bien connu la manière du maître." Par contre, sur le tableau de Budapest on ne voit pas le «pen­timento» apparaissant sous la mince couche de couleur, si caractéristique des oeu­vres authentiques de Bosch. C'est la touche du maître que rappellent les traits de visage fraîchement brossés des figures chevauchant dans le plan central, ainsi que le modelé des nez. Très proche du maître est aussi la peinture des forêts de l'arrière plan. La finesse des figures de l'avant-plan, peintes avec la technique de glaçure (fig. 38, 40, 43, 46) ne caractérise aucune copie du XVI e siècle des tableaux de Bosch. Ces copies reflètent la conception picturale de leur propre époque et sont caractérisées par le modelé vigoureux des corps, par la peinture déliée des ombres 1968, p. 382. Nous ne savons rien de la provenance du tableau. En se référant à la communication de Wiekhoff, Dollmayr mentionne un tableau, «eine Weltschöpfung von Bosch» qui se trouvait quelques années avant 1898 dans le commerce d'art de Venise. Dollmayr, H.: H. Bosch und die Darstellung der vier letzten Dinge in der niederländischen Malerei des XV. und XVI. Jahrhunderts. Jahrbuch der kunsthistorischen Sammlungen des Allerhöchsten Kaiserhauses, XIX, 1898, p. 286. Un tableau de Bosch figurant la création du monde était autrefois dans la cathédrale de Bois-le-Duc. To lna y, Ch. de: op. cit., p. 397, mais nous ignorons le sort de celui-ci. Il est possible que la déter­mination iconographique soit fausse. Les volets extérieurs du «Jardin des Délices» portent également la Création du monde. 4 Puisque il ne subsiste pas de tableaux sur toile de Bosch, il est impossible de com­parer la matière de la toile. Les morceaux de toile recouvrant les joints du panneau du «Jugement dernier» de Munich sont plus fins que la toile du tableau de Budapest. La matière des deux toiles de la cathédrale de Bois-le-Duc étant donné leur destination, est elle aussi autre que la toile de Budapest. 5 On peut présumer qu'il était non seulement enroulé avec la couche de couleur vers le dedans, mais aussi plié, ce qui dut causer les crevasses se coupant en angle droit. Cf. le compte rendu des travaux de restauration de L. Chichkov. 6 L'exemplaire de la collection du Comte de Pomereu mesure 184X 178 cm, en haut 4 cm sont coupés; l'exemplaire se trouvant autrefois dans la collection Cardon mesure 182x 168 cm, les bords sont mutilés. 7 Sur la technique de Bosch v. entre autres: Van Mander, K. : Het Schilder­boek ... Éd. Floerke. München-Leipzig, 1906, p. 141, et récemment S c h o u t e, R. van: Over de techniek van Jeroen Bosch. Bijdragen . . . op. cit., pp. 72— 79. lö

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