Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 31. (Budapest,1968)
HARASZTI-TAKÁCS, MARIANNE: Nouvelles données relatives a la vie et a l'oeuvre de Sofonisba Anguissola
est celui de Budapest, «la Vierge allaitant son enfant», qui, tel que le tableau précédent, dut être inspiré par un modèle étranger, par le Parmesan ou le Corrège. 12 Sofonisba Anguissola, dans ses jeunes années, a souvent copié, en partie ou en entier, les tableaux de son premier maître Bernardino Campi et ceux de Giulio Campi. 13 Aussi connaissons-nous plusieurs tableaux religieux que ses sœurs avaient peints sous l'inspiration du Corrège et d'autres maîtres. 11 est aisé de s'imaginer que la peintresse versée dans la peinture de portraits et ne choisissant des sujets religieux que de temps à autre, ait cherché des modèles pour ces sortes de commandes. Il est fort possible que pour le tableau de Budapest elle ait pris pour modèle une Madone de Luca Cambiaso, artiste très apprécié qui, jusqu'en 1583, travailla à Gênes, bien que dans la figure de l'Enfant ce soit surtout l'Enfant du tableau conservé autrefois dans la collection de Folchino Dodici Schizzi de Crémone, qui reparaît, tableau dont la composition quattrocentesque remonte —- dans la mesure où la photographie ancienne le permet de constater — à la période de jeunesse de l'artiste. Il est par ailleurs curieux que le tableau de Budapest, qui est entré, en 1912, au Musée des Beaux-Arts avec le legs du comte János Pálffy, a figuré dans la collection Pálffy et dans le catalogue de l'exposition inaugurée en 1913, 14 aussi bien que dans le catalogue de 1924 rédigé par Térey, 15 comme l'oeuvre de Sofonisba Anguissola. Les descriptions ne font pas mention de la signature qui a sans doute disparu sous l'épaisse couche de vernis. C'est sous ce nom que la donatrice, M lle Félic : e Dosne, la belle-soeur d'Adolphe Thiers, l'ancien Président de la République — qui de son enfance jusqu'à la mort de Thiers vécut dans la maison du président — a légué ce tableau, en 1906, à János Pálffy, 16 et c'est cette attribution que le tableau avait gardé au musée également. Il n'est pas impossible que notre tableau ait appartenu à Thiers qui, à l'âge jeune, s'intéressait vivement à 12 L'Enfant de la «Madonna del Latte», conservée dans la collection Dodici-Schizzi de Crémone, est parfaitement identique à l'Enfant du tableau de Budapest. Il n'est pas impossible que ce soit l'Enfant Jésus de la «Madone» de Paris du Parmesan qui a inspiré la peintresse en peignant l'un et l'autre tableau, bien que les tableaux de Crémone et de Budapest soient séparés l'un de l'autre par plusieurs dizaines d'années. 13 B a 1 d i n u c c i, F,: Notizie de' professori del disegno . . . Firenze, 1688 (deuxième éd., la première éd. de 1686), IV, p. 157. «L'errore del Vasari in affermare, ch'ella fosse Discepola di Giulio, e non di Bernardino, ebbe mio credere suo fondamento nel vedersi allora di mano di Sofonisba assai sue pitture copiate da opère di Giulio Campi. . .» Sa «Pietà» conservée à la Brera de Milan est une version réduite de la «Pietà» de Bernardino Campi, exposée également dans ce musée. 14 Térey, G.: A gróf Pálffy János által hagyományozott képgyűjtemény leíró lajstroma (Catalogue descriptif de la collection de tableaux léguée par le ccmte János Pálffy). Budapest, 1913. 15 Az Országos Magyar Szépművészeti Múzeum Régi Képtárának katalógusa (Catalogue de la Galerie des Maîtres Anciens du Musée National Hongrois des Beaux-Arts). 5 e éd. Budapest, 1924, p. 3. 16 D'après les données du catalogue de 1913, reposant sur l'information d'Emil Kauderle, intendant du comte Pálffy, la donatrice est appelée Melle D'Osmé. Correctement: Félicie Dosne, la sœur cadette de la femme de Thiers, qui, sous le titre «Notes et souvenirs» a, en 1904, publié à Paris l'ouvrage posthume de l'ancien président (signé F.D.). Elle publia dans la même année un ouvrage intitulé «Le voyage de Thiers à travers de l'Europe». Félicie Dosne ne s'est pas mariée. Au moment de la mort de Thiers elle dut avoir cinquante ans. Comment elle fit la connaissance du comte Pálffy et pourquoi elle lui légua le tableau, est pour le moment encore obscure.