Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 31. (Budapest,1968)
SZMODIS-ESZLÁRY, EVE: Sculptures néerlandaises, hollandaises et flamandes en Hongrie, I
SCULPTURES NÉERLANDAISES, HOLLANDAISES ET FLAMANDES EN HONGRIE I UN DÉTAIL DE RETABLE SORTI DE L'ATELIER DE JAN BORMAN LE VIEUX En 1961, le Département des Sculptures Anciennes du Musée des Beaux-Arts s'est vu enrichi d'une nouvelle pièce importante: du haut-relief représentant la Résurrection 1 qui, autrefois, a fait partie d'un retable sculpté en bois (fig. 21 et 22). La sculpture était présentée à l'exposition permanente du Département comme une œuvre flamande du début du XVI e siècle. 2 L'origine flamande du groupe ne fit pas de doute même avant les analyses détaillées de la sculpture. Ce qui nous frappe, c'est qu'à côté de ses grandes qualités plastiques, elle contient beaucoup d'éléments pittoresques. Les visages, les corps, les détails de la draperie témoignent de l'influence des grands peintres néerlandais qui, dès 1450, ont fortement agi sur la sculpture des Pays-Bas. 3 Grâce à l'influence de ces grands peintres, la sculpture devint plus vivante, plus libre et apte à interpréter des sentiments dramatiques, 1 ce dont témoigne sur le relief de Budapest le rendu des caractères et des sentiments très opposés du personnage principal et des soldats. Cette œuvre excellente qui porte encore les marques du gothique finissant, mais aspirant — non seulement dans ses formes de détails — à la représentation véridique, n'a pu naître qu'aux Pays-Bas. Le groupe de la Résurrection — ses dimensions l'attestent — était une scène secondaire d'un retable néerlandais détruit. Au centre du groupe se tient le Christ debout. Sa figure est sculptée avec un sens exquis de la réalité. Son manteau ample, rassemblé sur la poitrine par une agrafe, retombe sur le dos, et les reins sont entourés d'un perizonium richement drapé. Les profonds plis ondoyants du manteaucontribuent grandement à l'effet pittoresque. Les deux bras du Christ manquent. Conformément à la représentation traditionnelle, il dut lever le bras droit, et dans sa main gauche il dut tenir une croix."' L'attitude des jambes est typiquement gothique; les jambes sont, par rapport au corps, un peu courtes. Près du Christ ressuscité, sur le côté droit du groupe, on voit les demi-figures de deux soldats — *Je tiens à remercier ici le Professeur H. Gersonet M. R. Juynboll qui ont bien voulu m'aider dans mon travail relatif à la détermination des sculptures néerlandaises, hollandaises et flamandes se trouvant en Hongrie. Très importante pour mes travaux de recherche était l'étude du matériel du Bureau National de Documentation d'Histoire de l'art de La Haye. 1 N° d'inv. 61.7.S. Hauteur: 73 cm. Largeur: 46—50 cm. Matière: chêne. La face dorsale — derrière la figure du Christ — est sur une partie creuse, par ailleurs elle est lisse. Provenance: c'est de la collection d'István Montag que le Musée des Beaux-Arts l'a acheté à la 4 e Vente d'objets d'art du Magasin de Marchandises en commission de l'État. 2 Balogh, Y. : L'exposition permanente du Département des Sculptures Anciennes. II e Partie. Écoles du Nord. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts, n° 28, 1965, p. 85. 3 Laurent, M.: L'architecture et la sculpture en Belgique. Paris —Bruxelles, 1928, p. 33 4 L a u r e n t, M. : op. cit., loc. cit. 5 Comme, par exemple, le Christ de Jan Borman le Jeune sur le retable de Güstrow. V. F r ü n d t, E.: Der Güstrower Altar. Leipzig, 1964, fig. 23. 3* 35