Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 28. (Budapest,1966)

GARAS, CLAIRE: Giorgione et giorgionisme au XVIIe siecle. III.

de ses oeuvres, bien que l'on ait des précisions sur l'oeuvre de la grande foule des peintres mineurs vénitiens, des «dii minores gentium». Mais, Dominico n'était, il est ressorti, pas Domenico, ainsi il nous faut chercher la personne du «Maître des Autopor­traits» parmi les peintres connus ayant travaillé aux alentours de 1512 à Venise. Ridolfi a mentionné le Portrait d'homme de Munich ci-haut cité comme étant dans la collection anversoise de Van Voert avec la mention: «Uno d'un Tedesco di Casa Fuchera co pellicia di volpe in dosso in fiaco in atto di girarsi», et ce même tableau a figuré sur la gravure de V. Hollar (en 1650) publiée dans la collection Van Veerle sous le titre «Ritratti de Bonamico Buffalmaco Pitori in Venetia» et dans une autre version «Ritratto d'un Todescho di Casa Fuchera». Sur le verso du tableau enregistré en 1748 à Munich, dans la collection royale de Bavière, on lit «Giorgio de Castel Franco, F. Maestro di Tiziano». D'après toutes ces désignations le tableau fut considéré pendant longtemps comme une oeuvre de Giorgione et fut mis en rapport avec le portrait de Fugger, cité aussi par Vasari. Cependant la remarque de Vasari sur la tête d'étude, conservée parmi les dessins, «nel nostro libro una testa colorita a olio, ritratta da un Todesco di Casa Fucheri» ne peut se rapporter au grand tableau de Munich, bien qu'il ait sans aucun doute servi de base littéraire au titre qui lui fut donné au XVII e siècle. 30 Il est plus indiqué de mettre en rapport le portrait de Munich avec une autre description de Vasari, dans laquelle il apprécie l'Autoportrait de Palma et que, depuis le milieu du siècle passé, on ne cesse de citer. Vasari fait l'éloge de ce tableau qui était visible presque chaque année à Venise, à l'exposition organisée à la fête de l'Ascension, et qui était plus parfait que n'importe quelle création de la peinture vénitienne. Vêtu d'un manteau de fourrure, le peintre était représenté, vu dans un miroir, tournant les yeux magistralement rendus. 31 Les expressions: «girar d'occhi», «certi ciuffi di cappelli», correspondent exactement au tableau de Munich, et puisque Vasari souligne que c'est une oeuvre de jeunesse de Palma, la date de son exécution est elle aussi conforme à celle du tableau de Munich qu'on date, d'après le costume et le style, habituellement des alentours de 1510. Depuis Mündler, nombreux spécialistes ont accepté cette iden­tification: Suida, Hadeln, Pallucchini, Longhi, et en partie Gombosi, ont considéré le tableau de Munich comme l'oeuvre de Palma. 32 L. Justi, qui a pensé pouvoir réfuter cette supposition d'après le portrait de Palma publié par Vasari en gravure sur bois, dans sa publication sur Giorgione, parue en 1926, l'avait déjà donné à Palma — en se basant surtout sur les craquelures caractéristiques de Palma — tout en supposant que le tableau ait été peint d'après Giorgione. 33 30 R i d o 1 f i, C. : op. cit. I. p. 105. Vasari, G. : Le vite di più eccelenti pittori, scultori ed architetti. Firenze, 1568. ed. Milanesi, IV. p. 99. V. en outre G a r a s, C. : Giorgione et giorgio­nisme au XVII e siècle I. Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts 25, 1964. pp. 51, 60. 31 V a s a r i, G. : op. cit. V. p. 246, «quella di tutte l'altre è migliore e certo stupendissima, dove ritrasse, guardandosi in una spera, se stesso di naturale con alcune pelli di camelli intorno, e certi ciuffi di capelli tanto vivamente, che non si puô meglio immaginare ... vi si vede dentro un girar d'occhi si fatto, che Lionardo da Vinci e Michelangelo Buonarotti non avrebbero altrimenti operato» . 32 Munich, Bayer. Staatsgemäldesammlungen, n° 524, panneau, 70x54 cm. Il a figuré dans les anciens inventâmes de Munich comme Autoportrait, le Portrait de Giorgione peint par lui­même. Cité comme l'Autoportrait de Palma chez Crowe etCavalcaselle: op. cit. VI. p. 550, Hadeln ed. R i d o 1 f i, C. : op. cit. II. p. 342 ; S u i d a, W. : Zum Werke des Palma Vecchio. Belvedere X, 1931. p. 135 ; S u i d a, W. : Studien zu Palma. Belvedere XII, 1934. p. 85 ; G o m­b o s i, G. dans le Künstlerlexikon Thieme-Becker, tome XXVI, 1932. p. 174 ;Berenson, B. : op. cit. I. p. 125 (Palma d'après Giorgione) ; Contrairement à ceux-ci, par exemple, Gombosi, G. : Palma Vecchio. Stuttgart, 1937. p. 137, pas de Palma ; S p a h n, A. : Palma Vecchio. Leipzig, 1932. p. 131, pas de Palma. 33 J u s t i, L. : Giorgione. Berlin, 1908. p. 209 ; J u s t i, L. : Giorgione. Berlin, 1926. p. 336. Toutefois, la description n'a pas pu se rapporter — comme Ta supposé Justi — à l'original de

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