Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 23. (Budapest 1963)

CZOBOR, AGNES: Recherches faites dans le fonds hollandais et flamand de la Galerie des Maîtres Anciens

cularité stylistique déterminante qui distingue les tableaux d'architecture de Delen des représentations semblables des autres peintres d'architecture, est la manière dont il exécute le premier plan, le plan central et l'arrière-plan de ses tableaux. Alors que les peintres d'architecture hollandais et flamands de cette époque se sou­ciaient presque exclusivement de la perspective linéaire, Delen se spécialisa dans la perspective de l'air. Dans le plan central de ses tableaux les couleurs s'éclaircis­sent et les figures ne seront que des taches pittoresques, les précurseurs des « mac­chietta » des vues de villes du XVIII e siècle. C'est justement le tableau de Buda­pest qui présente l'exemple le plus typique de cette peinture du plan central pittoresquement sommaire et aux couleurs plus claires. L'arrière-plan est chez Delen encore plus esquissé, plus exposé à l'air, plus clair. Dans l'arrière-plan du tableau de Suisse la figure se baladent dans l'allée, n'est qu'une petite tache colorée et les mêmes taches claires sont visibles dans l'arrière-plan du tableau de Cologne et sur maints autres tableaux de Delen. Devant le portique cintré de l'arrière-plan du tableau de Budapest on voit également la tache d'une petite figure d'homme, derrière laquelle on soupçonne plutôt qu'on ne voit l'allée. On a beaucoup discuté la question de savoir si Delen avait peint lui-même les figures de ses tableaux, ou s'il les avait fait peindre par d'autres peintres. Nous n'in­tendons pas trancher ici la question. Nous pensons qu'en dehors de quelques tableaux à nombreux personnages, sur lesquels les figures sont en effet un peu raides et rappellent fortement Anthonie Palamedes, c'est peut-être pourtant lui-même qui ait dû exécuter les figures. Serait-ce possible autrement que sur tous ses tableaux les figures du plan central et de l'arrière plan soient toutes peintes par des taches ? A la supposition selon laquelle il n'ait fait exécuter par d'autres peintres que les figures du premier-plan, contredit le fait que les personnages figurant dans le même ta­bleau dénotent la même main. Le beau petit tableau de Dirck van Delen, d'un coloris très vif, enrichit notre collection hollandaise d'une pièce attrayante. Dans le catalogue de 1954 de la Galerie des Maîtres Anciens figure, sous le titre « Détail d'un village », l'oeuvre d'un peintre hollandais inconnu, actif dans le troisiè­me quart du XVII e siècle, un tableau de petites dimensions représentant des chau­mières délabrées et la toiture d'une église surmontée d'un clocher (fig. 43) 14 qui à notre avis est découpé d'un tableau plus large. Sa curieuse composition encombrée est inhabituelle dans la peinture hollandaise du XVII e siècle, et c'est en sa qualité de détail qu'il paraît si étonnament « moderne ». Ainsi la facture déjà très empâtée paraît, sur la découpure presque grossie, encore plus pittoresque et plus audacieuse. Si du tableau de Wouter Knijff. daté de 1644, et conservé à Leipzig, représentant un village au bord d'une rivière 15 — qui selon Hofstede de Groot lfi est l'une des oeuvres les plus individuelles, de ce maître et ressemblant le moins à van Goyen — on découpait le détail du côté gauche représentant des chaumières et un moulin à vent, peint avec une facture empâtée et avec des hachures parallèles, nous obtiendrions un tableau très ressemblant à celui de Budapest, Même, en com­parant le tableau de Leipzig dans son ensemble au nôtre, on observe nombreuses par­14 N° d'inv. 4208. Toile, 49x40 cm. Pig 1er, A. : A Régi Képtár katalógusa (Catalogue de la Galerie des Maîtres Anciens). Budapest, 1954. p. 275. 15 Publié : B e r n t, W. : Die niederländischen Maler des 17. Jahrhunderts. Mu­nich, 1948. II, p. 455. lü T h i e m e — Becker: Künstlerlexikon, XXI, p. 46.

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