Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 21. (Budapest 1962)

GARAS, CLAIRE: Le plafond de la Banque Royale de Giovanni Antonio Pellegrini

nant la peinture décorative du premier quart du XVIII e siècle, nous arrivons à la conclusion que l'hégémonie des peintres ambulants italiens était en ces temps-là déjà en déclin et que la formation des écoles nationales et la prédominance des maîtres locaux se sont accomplies plus tôt comme on l'a supposée en général. Il suffit d'in­diquer à titre d'exemple qu'au début du siècle les peintres italiens se présentant pour décorer la cathédrale Saint Paul de Londres furent absolument négligés et que c'est le peintre anglais James Thornhill qui obtint la commande et non Ricci ou Pellegrini. C'est le Fisc anglais qui s'oppose à l'emploi de Sebastiano Ricci à Hampton Court, justement pour avantager les maîtres anglais. Les Schönborn, mécènes allemands les plus importants de l'époque, chargent en série des maîtres non italiens (Joh. Rudolf Byss, Rottmayr, etc.) pour décorer les palais somptueux nouvellement con­struits. La résidence de Bamberg sera après des négociations échouées, décorée par le peintre tyrolien Melchior Steidl et non par Andrea Pozzo ou le Milanais Andrea Lanzani. A Schleissheim et à Mannheim, etc. la majorité des travaux est distribuée aux Asam et aux Stuber, et la proportion est encore pire si on tient compte des décorations des églises. Sur ce plan le rôle des maîtres locaux est encore plus grand que dans les commandes princières ou d'aristocrates. A vrai dire, même à Vienne — où le règne du goût italien était le plus fort grâce aux dynasties d'artistes italiens y établies •— dès les années 1710 la balance penche de plus en plus en faveur des maîtres du pays. Le prince Eugène de Savoie, italophile et francophile occupe en pre­mier lieu des maîtres italiens et français : par contre dans les constructions grandioses, de la Karlskirche, Peterskirche, la Bibliothèque Impériale, le palais Schwarzenberg, etc. ce sont déjà les peintres autrichiens, Johann Michael Rottmayr, Daniel Gran, etc. qui obtiennent les commandes de décoration. 25 Le Vénitien Pellegrini qui itinère de pays en pays, n'obtient à Vienne, que des travaux modestes ; la décoration de l'église des Salésiens et la coupole de la petite église dite « Schwarzspanierkirche », un tableau d'autel pour la Karlskirche ne sont que des gouttes clans la mer des traveaux immenses. Les données relatives à l'activité de Pellegrini à Vienne sont assez obscures et dé­fectueuses. C'est probablement en 1692 qu'il arriva pour la première fois dans la ville impériale, lorsque il accompagna son maître Paolo Pagano à Kremsier pour y dé­corer le palais episcopal. 26 Après cette date ce n'est qu'en 1725 qu'il retournait à Vienne lorsque — donnant suite à l'invitation de l'impératrice mère Amélie — il se chargea de décorer de peintures la nouvelle église des Salésiens. 11 peignit en 1727 la fresque, représentant l'Assomption de la Vierge, sur la coupole ovale de la belle Deutschland, Böhmen, Ungarn, die Schweiz, Italien und Lothringen. Hannover, 1751. I. p. 22). Le cachet des peintres italiens est dans ces temps-là déjà plus modeste. C'est ce fait qu'indique la remarque du Suédois, le comte Tessin, lorsque il se rend à Venise pour y trouver un peintre de plafond : « puisque les prix du travail y sont plus bas que chez les Français ». S i r e n, O. : Dessins et tableaux de la Renaissance italienne dans les collections de Suède. Stockholm, 1902. p. 103. 25 II est caractéristique que déjà en 1705, Joh. Mich. Rottmayr par exemple est ho­noré pour ses plafonds peints au palais Liechtenstein de Vienne de la même somme (7 500 fl.) que Andrea Pozzo, le peintre de renommée mondiale, pour la fresque de la grande salle d'honneur du même palais. Il faut prendre le cachet de Pellegrini pour relativement modique si on considère le fait, que par exemple, pour les travaux de Bensberg il est honoré de 2000 pièces d'or (1714) par le même Johann Wilhelm électeur de Pfalz, qui, en 1712, paya 6000 pièces d'or pour un seul tableau d'Adriaen van der Werf. 26 L'église de Moravie, — figurant dans le compte rendu de la veuve adressé à Mariet­te, la première biographie authentique de Pellegrini — qui fut décorée, sur commande de son maître Paolo Pagano par le jeune peintre, a dû être l'église du cloître de Wele­hrad. La fresque classée comme l'oeuvre de Pagano, a été détruite encore au XVIII e siè­cle et fut repeinte en 1730 par le peintre de Brunn, Ekstein.

Next

/
Oldalképek
Tartalom