Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 16. (Budapest 1960)

BOSKOVITS, NICOLAS: Un „Christ de Pitié" bolonais

UN «CHRIST DE PITIÉ » BOLONAIS La Galerie des Maîtres Anciens du Musée des Beaux-Arts s'est vu enrichie l'an passé d'un petit tableau fort intéressant, qui fut inventorié comme l'oeuvre d'un peintre italien du début du XV e siècle (fig. 30). 1 Dans le plan central du tableau on voit se dresser dans un sarcophage de proportions très allongées, la demi-figure du Christ, les mains croisées et la tête, couronnée d'épines, inclinée un peu à gauche. Près de lui la Vierge, vêtue d'une robe mauve et d'un manteau d'un bleu-vert foncé, embrasse avec son bras gauche l'épaule de son fils, tandis que de droite Saint Jean­Evangéliste, habillé d'une robe bleue et d'un manteau rouge-lila, soutient le Christ en le tenant par le haut du bras. Dans les deux lobes on voit les demi-figures de l'ange de l'Annonciation et de la Vierge, et dans le fond doré apparaissent disposés en panoplie les instruments de la Passion. En procédant de gauche à droite se rangent la robe sans couture, la colonne de la Flagellation, le « calice d'amertume » du Mont des Oliviers, la corde avec laquelle le Christ fut lié, les dés des bourreaux, le cor personnifiant le bruit assourdissant,- ainsi que les récipients d'aromates des trois Maries, l'épée des bourreaux, le coq du Reniement, le coutelas de Saint Pierre avec l'oreille de Malchus et le pot à vinaigre ( ?). Au centre, en haut, se trouve la croix avec les clous, devant celle-ci la lance et l'éponge fixé sur un bâton, et au-dessus le pelican nourissant de son sang ses petits affamés. De part et d'autre apparaissent le soleil resplendissant et assombri, le voile de Véronique, les verges, le bassin du Lavement des mains de Pilate, le linge pour essuyer ses mains, l'aiguière et une lanterne. A droite on voit trois mains bafouant et frappant, une main tenant les deniers d'argent de Judas, le baiser de Judas, les tenailles, le marteau et l'échelle de la scène de la Des­cente de Croix, et la torche et le bâton de l'Arrestation. Le cadre trilobé qui primitivement entourait le tableau est perdu ; la place des lobes a été, au XVIII e siècle, couverte par un peintre dilettante de nuages bleus épais et bouillonnants, et de têtes d'angelots. La figure du Christ sur notre tableau correspond au type grégorien du « Vir dolorum », donc au tableau qui passait pour la représentation authentique de la vision de Saint Grégoire, tableau jadis conservé clans l'église S. Croce in Gerusalemme de Rome, que nous ne connaissons que par des copies plus récentes, telle la gravure 1 No de l'inv.: 58.1 ; bois, tempéra. 38 X 50 cm. 2 Cf. l'Évangile selon Lucas, 23,23. On rencontre la mise en relief des cors, inusitée dans l'histoire de la passion, dans d'autres tableaux également, tel sur le tableau attribué au maître de S. Martino alla Palma, représentant la Dérision du Christ, dans la collec­tion Barlow de Manchester (repr.: Sinibaldi, G. — Brunetti, G.: Pittura italiana del Duecento e Trecento. Florence, 1943. pl. 174), ou en rapport avec les «arma Christi >> sur le tableau de Roberto Oderisi. (V. la note 18.) 4* 51

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