Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 16. (Budapest 1960)
VARGA, EDITH: Contributions a l'histoire des modeles de sculpture en stuc de l'ancienne Egypte
temps de la IV e dynastie, et des portraits usuels de la V e , puis de la VI e dynastie, avait demandé l'introduction d'un procédé sculptural particuler. Ce procédé partait du masque mortuaire qui fixait le plus authentiquement les traits du défunt. A savoir, à cette époque les portraits furent exécutés en premier lieu pour le culte funéraire, et au cas où la personne devant être représenté n'a pas eu de portrait fait de son vivant, on n'avait pu le représenter que d'après les traits du défunt. Etant donné que la momification a empêché le sculpteur d'étudier minutieusement les traits du défunt, c'est le masque mortuaire fait avant l'embaumement qui servait de modèle au portrait. 22 Le sculpteur se trouvait à ce moment devant deux possibilités : soit de sculpter le portrait dans la pierre directement d'après le moulage sorti en premier du moule, soit de préparer la forme remodelée, mais conservant les traits caractéristiques, en adaptant en même temps celle-ci au type de portraits et au style de l'époque, pour la recopier ensuite dans une matière plus dure. Le sculpteur dut avoir deux modes possibles de remodeler le portrait : l'un était de modifier le moulage lui-même, et l'autre, de faire d'après le masque un modèle d'argile permettant de faire d'après celui-ci d'autres moulages de plâtre. Le premier procédé (portrait de pierre fait d'après le masque) était une opération par trop difficile et compliquée, étant donné que le visage, conservant la raideur de la mort, et le portrait n'avaient de commun que les particularités physionomiques les plus essentielles ; dans ce cas il fallut sculpter immédiatement dans la pierre la forme définitive. 23 Dans le second cas (remodelage), le sculpteur a pu exécuter son travail de transformation, s'il voulait, avec l'aide de plusieurs moulages. Les têtes de stuc qui nous sont parvenues semblent attester que c'est ce dernier procédé qui a dû être le plus fréquent. Il est cependant probable que, le plâtre se prêtant moins au modelage direct, le sculpteur ait travaillé dans ce cas également avec l'aide du modèle d'argile. Les têtes de stuc d'aspect épincé, qui ne présentent aucune trace d'un modelage effectué pendant ou après le moulage, mais qui font l'impression d'être sorties d'un moule bien travaillé, témoignent elles aussi de ce procédé. 24 Deux têtes de stuc du Musée du Caire 25 ont dû être également exécutées selon ce même procédé. Ces têtes, bien qu'elles représentent deux visages absoluments différents, fixent le même type de portraits, et les marques du style en créent la même unité que des portraits de calcaire achevés. Un seul pas sépare cette étape de la forme définitive, le portrait en pierre, qui contient tout ce qui est spécifiquement individuel, tout en généralisant le visage conformément au type de l'époque. Le portrait achevé est déjà très éloigné du premier modèle authentique, le masque mortuaire ; il perpétue dans tous ses traits la personne d'après laquelle fut fait le premier modèle, et remplit le visage, raidi par la mort, de vie et de ce rayonnement transfiguré que lui confère l'espoir de la vie dans l'au-delà. Une étape entre les deux pôles est le moulage de stuc qui fixe le processus de la création artistique proprement dite. 22 Une preuve authentique de ce procédé est le moule d'un masque mortuaire, trouvé à Saqqarah, au temple de Teti, et attribué à ce même roi : Q u i b e 11, J. E.: Excavations at Saqqara (1905 — 1914) III, p. 112, pl. IV. 23 II est toutefois vraisemblable qu'on ait exécuté des statues selon le premier procédé également, aussi faut-il supposer qu'on avait parfois taillé le portrait immédiatement dans la pierre. 24 II est intéressant d'observer que des deux têtes de stuc du Musée du Caire, que nous mentionnerons dans la suite, non seulement le partie du visage fut exécutée — comme celle des moulages des masques mortuaires — mais que, originairement, la partie postérieure de la tête fut elle aussi travaillée. : > Xo 4510 et 54942.