Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 15. (Budapest 1959)

CZOBOR, AGNES: Quatre nouveaux tableaux de la Galerie des Maîtres Anciens

et blanches. C'est avec la même aisance que l'artiste a peint aussi les fleurs rouges de la végétation pauvre du versant sableux à droite et les feuilles vert-brunâtres. Les animaux se reposant au premier plan regardent le spectateur avec un regard doux et attentif, avec les mêmes yeux ronds et ébahis que les personnages du tableau du Mauritshuis. Avec ce nouveau tableau de Pieter Potter, voilà que la Galerie des Maîtres Anciens possède déjà trois oeuvres de ce petit maître habile dont le plus grand mérite est d'avoir été le père et maître de l'illustre peintre Paulus Potter. Malheureusement le tableau signé et daté de 1636, représentant un combat de cavalerie (fig. 26) 9 n'appartient pas parmi ses meilleures créations. Le quatrième tableau, inspiré sans doute par une composition de Rembrandt, n'est pas l'oeuvre d'un peintre hollandais du XVII e siècle, mais d'un peintre allemand du XVIII e . 10 Il représente Abraham et Isaac (fig. 31). C'est un tableau absolument identique, figurant dans la Kunsthalle de Carlsruhe comme l'oeuvre de Christian Wilhelm Ernst Dietrich (fig. 29), 11 qui nous a aidé d'identifier son maître. La compa­raison des tableaux de Budapest et de Carlsruhe est à l'avantage du dernier, il faut toutefois admettre que le tableau de Budapest témoigne lui aussi de la main d'un peintre excellent et qu'on pourrait guère le considérer comme une simple copie. La couche de vernis est sur le tableau de Budapest fort jaunie et son état de conserva­tion est bien plus mauvais que celui du tableau de Carlsruhe, nous espérons toutefois qu'une restauration ultérieure fera disparaître cette différence de qualité. Il est généralement connu que Dietrich imitait souvent et consciamment les oeuvres de Rembrandt. Ce tableau adopte avec une fidélité presque servile la com­position d'une eau-forte de sujet analogue de Rembrandt (Bartsch 37 ; fig. 30). Les divergeances entre l'eau-forte de Rembrandt et le tableau de Dietrich caracté­risent justement la différence qui existe entre la conception du peintre du XVII e siècle, réservé et se méfiant de toute emphase vide, et le peintre allemand du XVIII e siècle, effleuré par l'esprit pathétique du baroque italien. Sur l'eau-forte de Rembrandt qui se tient fidèlement au texte de la Bible, Abraham, montrant vers le ciel, explique au petit Isaac avec un calme sérieux, plein de dignité, que « Dieu pourverra d'un sacrifice brûlant ». L'enfant est, à l'égal de son père, plein de dignité. Il saisit le fagot et on sent qu'il accompagnera son père sans se révolter sur le chemin qui lui sera fatal. A l'encontre de ceci, Dietrich fausse la Bible et présente la scène d'une manière théâtrale remplie d'un pathétique à bon marché. Le bras gauche levé d'Abraham n'indique pas la sagesse céleste, mais devient un geste vide, exprimant la lamentation, il fait de sa main droite un geste vers le couteau exposé sur le rocher, geste en partie hésitant, et en partie attirant l'attention sur celui-ci. Le même cou­teau se trouve chez Rembrandt, dans une gaine de cuir, enfoncé dans la ceinture d'Abraham. Il est naturel que l'enfant réagit â ces paroles fiévreuses et rebelles autre­ment que sur l'eau-forte de Rembrandt. Ce n'est, là, pas un enfant patient, doux et obéissant, mais superflument bouleversé, qui se sentant asservi et sans défense, éclate en sanglots déchirants. Dietrich se souciait non de l'essentiel, de la pensée exprimée dans les créations des grands maîtres, mais seulement de l'imitation adroite des formes extérieures et de l'assimilation des diverses techniques. AGNÈS CZOBOR 9 N° de l'inv.: 1135; huile sur bois, 50,5 x 71 cm. Signé en bas à gauche: P. Potter f. 1626. Acheté en 1894 au marchand de tableaux J. Goudstikker à Amsterdam. 10 N° de l'inv. : 58.16 ; huile sur toile, 66,4x54,2 cm. 11 Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe. N° de l'inv. 1737 ; 64,4x51,5 cm.

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