Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 15. (Budapest 1959)
CZOBOR, AGNES: Quatre nouveaux tableaux de la Galerie des Maîtres Anciens
QUATRE NOUVEAUX TABLEAUX DE LA GALERIE DES MAÎTRES ANCIENS Parmi les tableaux anciens du Musée des Beaux-Arts, inventoriés en 1958—1959> voilà qu'on retrouve à la fois quatre qui se rattachent directement ou indirectement,, de près ou de loin, à l'art de Rembrandt. Le premier tableau, intitulé « L'ange ouvre le tombeau du Christ » (fig. 24), 1 par son style trop caractéristique, trahit à première vue son maître. Le ton d'un jaune chaud, les effets de lumière, la touche preste et légère, presque impressionniste, témoignent de la paternité du peintre de Dordrecht : Benjamin Gerntsz. Cuyp. C'est également comme l'oeuvre de ce peintre que figure au Musée de Dordrechtun tableau de petit format dont le sujet et la composition sont identiques avec le nôtre (fig. 23). Entre les deux exemplaires c'est celui de Budapest, bien plus grand et de format allongé, qui est d'une meilleure qualité. Malgré sa facture esquissée, le tableau de Dordrecht est plus dur et moins frais, sa touche n'est pas déliée, mais aristée et manque de cette légèreté séduisante avec laquelle l'artiste, dans le tableau de Budapest, a peint, par exemple, les lumières luisant sur les cuirasses et les casques. L'éclairage du tableau de Budapest est absolument logique. La lumière émanant du corps de l'ange éclaire les personnages groupés autour du tombeau, tandis que les autres, plus éloignés, restent dans l'obscurité. Par contre, sur le tableau de Dordrecht ce même éclairage est dépourvu de sens. Il est, par exemple, incompréhensible que les trois figures du premier plan gauche puissent être éclairées par une source de lumière se trouvant derrière celles-ci. Etant donné que l'un et l'autre tableaux dénotent l'influence du tableau de Rembrandt de sujet identique conservé à Munich, le tableau de Dordrecht nous laisse dans l'incertitude quant à son appréciation. Si nous le considérons comme une esquisse, pourquoi le tableau de Budapest, plus grand, et dit «achevé», est-il plus proche du modèle rembrandien? Et s'il n'est pas une esquisse, mais une réplique réduite plus tardive, pourquoi est-il avec autant plus faible que l'autre? Serait-ce possible que le tableau de Dordrecht n'aurait pas été peint par le maître lui-même ? Il n'est pas facile de répondre à ces questions. Benjamin Gerritsz. Cuyp a très souvent répété avec des modifications plus ou moins grandes la même composition. L'«Annonce aux Bergers » est connue avec de menuschangements en cinq exemplaires différents 2 et les versions de l'Adoration des Bergers sont encore bien plus nombreuses. En dehors du nôtre, son oeuvre comprend encore deux exemplaires connus du thème de 1'« Ange ouvrant le tombeau du 1 N° de l'inv. : 58.21 ; huile sur bois. 72,2x90 cm. 2 1. Hanno vre, Musée ; 2. Marquise Landolfo Carcano, Paris ; 3. American Art Association, 1925 ; 4. en possession du Dr. B. Lorse. à Berlin, 1939 ; 5. collection de W. Duscbnitz, Vienne.