Radocsay Dénes - Gerevich Lászlóné szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 15. (Budapest 1959)

TAKÁCS, MARIANNE: Un tableau de Nicolas Poussin au Musée des Beaux-Arts

mière couche perçant faiblement les couleurs tendres, prêtent à cette composition semblablement à notre tableau — une certaine morbidesse (fig. 22). La plus proche de la Vierge du tableau de Budapest est la « Sainte Cécile » du Prado. 19 La forme ovale du visage, le fin sourire, le regard baissé cachant les yeux, les formes du corps se dessinant sous les larges plis, l'élégance française, puisant dans l'art antique comme dans une source vivante et fraîche, permettent de dater l'un et l'autre tableaux du début des années romaines du maître. Pareillement, les angelots folâtrant sur notre tableau portent les marques de l'influence directe de Titien. Leur bustes dodus, leurs extrémités tassées, leur têtes rondes se présentent comme les variantes un peu plus gracieuses, plus modernes et plus françaises de ceux visibles dans 1'«Offrande à Vénus ». Poussin revint mainte et mainte fois à ces putti, même dans sa période de vieillesse, lorsque l'atmosphère de ses tableaux sera déjà plus froide et leur composition plus aérée, les figures seront plus allongées, l'har­monie de ses couleurs sera plus froide, mais dans les figures d'enfants les putti peints avant 1630 resteront presque invariés. Il est bien difficile de s'orienter parmi les innombrables imitations et la quantité de copies contemporaines des tableaux de Poussin trouvables par le monde entier. Dans ces cas c'est en premier lieu la qualité qui emporte la décision. C'est sa haute qualité qui, à côté de l'analyse du style et des analogies, nous a permis d'identifier le tableau de Budapest. Cette attribution est corroborée par l'inventaire manuscrit de la collection Léderer qui se trouve dans la Bibliothèque du Musée des Beaux-Arts, et qui s'étend sur la provenance du tableau. 20 Selon l'inventaire, Alexandre Léderer l'avait acheté à Venise au Cavalier Ferdinando Ongania, au dire duquel le tableau était auparavant en possession de la Princesse délia Cisterna. Ce nom ne dit à pre­mière vue pas grand'chose. On n'a jusqu'ici pas connu les propriétaires de la prin­cipauté Cisterna d'Asti du Piémont en leur qualité de collectionneurs. Or, un examen plus serrée de l'histoire de la famille des princes Cisterna nous apprend que le fief fonelé par Henri III, fut acheté en 1665 par Giacomo del Pozzo, un descendant de Cassiano del Pozzo mécène et ami de Poussin. 21 La bibliothèque et collection fondées par Cassiano del Pozzo et augmentées par son frère Carlo Antonio, ne restèrent pas en la propriété de la famille. Les dessins de grande valeur, dont nombreuses feuilles de Poussin, furent vendus en Angleterre, et ce n'est qu'une partie minime de la col­lection qui demeurait en la possession d'Eugenio Prince délia Cisterna del Pozzo. 22 La collection s'est, au début du XIX e siècle, définitivement dispersée, et il est fort probable que la vie accidentée du prince, qui pour ses idées politiques progressistes fut emprisonné et envoyé en exil, y est entrée pour beaucoup dans la disparition 19 Une analogie également bonne est le tableau se trouvant dans la réserve du Louvre, intitulé « La Vierge apparaît à Saint Jacques» (N° de l'inv. 719), où l'expres­sion du visage et le type delà Vierge montrent, malgré l'état du tableau nécessitant un nettoyage radical, une parenté évidente avec la Vierge de notre tableau. On voit un type analogue sur un tableau représentant »Rinaldo et Armide«, où la tête d'Aimide vue dans un miroir rappelle également notre Vierge (Le tableau est conservé dans la collection de Lord Curzon). 20 Manuscrit. Budapest, 1920. F. 968. 21 Cassiano del Pozzo était un familier du cardinal. Jamot P. (op. cit. p. 10), écrit que Poussin, dans les premières années de son séjour romain: «... n'a guèie tra­vaillé que pour le cardinal Barberini et les familiers de l'illustre maison, où il avait rencontré celui qui devait être si longtemps son protecteur et son ami, le commandeur Cassiano del Pozzo». Cette constatation de Jamot semble elle aussi étayer notre conclusion. 22 « . . .una sola parte fu salvata dal principe Emanucle del Pozzo délia Cisterna e si trova nel suo arehivo a Torino. I disegni passarono in Inghilterra e il Museo ando disperso al principio del sec. XIX.» Cf. Enciclopedia Treccani. XII. p. 260 et 261.

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