Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 13.(Budapest, 1958)

FENYŐ, IVAN: Dessins italiens inconnus

Comparons à présent la figure du pape de la composition représentant la « Guérison de la femme possédée » avec celle du prêtre aux mouvements iden­tiques, figurant sur le dessin de Budapest. Tout le pathétique rococo .trans­figuré de Bazzani se reflète dans la belle tête visible à droite sur le verso de la feuille de Budapest, servant sans doute de modèle à nombreuses têtes du Christ et d'anges également. Examinons la tête flétrie du putto représentée en raccourci qui figure à côté de celle-ci, et comparons- la avec les têtes d'anges de la composition intitulée « Le Christ au Mont des Oliviers » de l'ancienne collection de Salvatore Romano de Florence, 29 ou bien la tête barbue vue de profil avec la tête du Christ visible sur le tableau intitulé « La piscine probatique de Bethesda » dans l'église S ta Maria délia Carità de Mantoue. 30 Ce tableau a été peint vers 1752, date qui permettrait d'établir aussi celle de notre dessin. Cette question cependant ne peut être résolue qu'après avoir établi la chronologie des œuvres de Baz­zani. Pour terminer nous présenterons encore un dessin d'une verve dramatique et d'un pittoresque suggestif, qui représente la « Madone apparaissant à Saint Fran­çois » (fig. 56 et 57). 31 La feuille délicieuse évoque l'art de Gian Antonio Guardi, et elle est sans aucun doute due à ce peintre. Ce n'est pas tellement sur son œuvre dessiné que nous baserons cette attribution, mais plutôt sur les analogies peintes qui permettent de séparer, plus nettement que l'œuvre dessiné, l'art des deux frères, Antonio et Francesco, malgré que quelques problèmes fondamentaux ne soient pas encore éclaircis de manière satisfaisante. 32 C'est nettement le même type de visage sublime correggiesque de la Vierge qui regarde sur le dessin du Musée des Beaux Arts sur Saint François agenouillé devant elle, que celui qui, dans le tableau d'autel de l'église paroissiale de Belvédère di Aquileia, jette son regard sur les saints réunis autour d'elle (fig. 58), et c'est le même visage du tableau d'autel de 29 Mostra Cat. fig. 33. 30 Mostra Cat. fig. 68. 31 N° de l'inv. 57.32. K. Le verso porte une variante plus esquissée de la même scène, sur papier de préparation à la sanguine et à deux endroits le nom « Maratti Carlo » écrit avec des letties du XIX e siècle. — 229 X 171 mm. Sanguine, et lavis de sépia. — De la collection Delhaes. — J'exprime ici ma gratitude à Mme Evelyn Antal à Londres, de même qu'à Mme Eva Carocci à Rome qui ont bien voulu m'aider par des photographies à identifier ce dessin. 32 Deux opinions s'opposent à ce sujet. L'une est celle des historiens de l'art qui continuent à voir le grand génie peintre dans la personne du « veiutista » Francesco, tandis qu'ils considèrent Antonio seulement comme le bon peintre de tableaux d'autel et le maître excellent de son frère, de quatorze ans son cadet. Or, grâce à la recherche de l'art des Guardi, après la seconde guerre mondiale, on sait aujourd'hui déjà que Gian Antonio Guardi le « Guardi figurista >> est lui aussi un peintre génial. Dans ses tableaux d'autel dont la composition est souvent empruntée à d'autres artistes (Fetti, Solimena, S. Ricci, Piazzetta, Pittoni, etc.) il fait preuve d'un pittoresque prodigieux et d'une telle force des couleurs et de la représentation qu'il s'est érigé un monument aussi bien que Francesco avec ses « vedute » étincelantes. Nous en sommes aujourd'hui déjà là que le chef d'oeuvre inégalable de la Cantoria de l'église Angelo Raffaele de Venise, représen­tant l'histoire de la famille de Tobie, grande trouvaille de Giuseppe Fioceo, est con­sidéré par la majorité des chercheurs comme l'oeuvre d'Antonio, ou au moins l'oeuvre commune des deux frères. Le fait de voir dans cette question aujourd'hui plus clair qu'il y a quelques dizaines d'années, est dû tant aux « partisans » de Francesco qu'à ceux d'Antonio. A côté de Gino Fogolari, c'est de nouveau à Fiocco que revient le mérite d'avoir initié la recherche scientifique. Toute une série d'illustres historiens de l'art se sont occupés du problème des Guardi : H. Voss, M. Goering, V. Lazareff, W. Arslan, V. Moschini, J. ByamShaw, O. Benesch, R. Pallucchini, A. Morassi, F. deMaffei, M. Muraro, T. Pignatti et autres. 84. o i

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