Radocsay Dénes - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 10.(Budapest, 1957)
AGGHÁZY, MARIE: Les réprésentations du purgatoire au XVIIIe siecle
De notre point de vue, c'est à deux variantes que nous devons accorder une attention particulière. La première est celle où les fidèles prient devant les cryptes et des chambres mortuaires pour les morts souffrant dans le purgatoire. Sur ces représentations on voit les morts dans une prison (Seelenkerker) attendant la délivrance, conception à laquelle se rattache le fait que dans les temps modernes les autels des morts sont placés dans les chapelles funéraires, ou dans les chapelles latérales de l'entrée, destinées à la mise en bière ou au Saint-Sépulcre, de même que Je fait que J'on rencontre ces représentations enfermées, pour ainsi dire emprisonnées, dans les prédelles de retables et à la place du devant d'autel. L'autre variante est le purgatoire présenté comme un détail ou scène secondaire de la messe de Saint Grégoire, thème également de grande importance au point de vue des variantes baroques tardives. La scène de Saint Grégoire, scène intermédiaire entre le Christ de douleur et le groupe des âmes soufrant dans le purgatoire 8 — avec la réduction caractéristique des solutions plastiques — étant éliminée, nous sommes en présence des représentations en bas-relief du XVIII e siècle, du Crucifix, ou de la Pietà, et des personnages souffrant dans les flammes. C'est ainsi que le purgatoire est entré à la place de la scène des limbes, dans la série des représentations de la vie du Christ. Nous ignorons si en dehors des peintures transposées en bas-reliefs, la variante sculptée avait aussi d'autres bases, éventuellement littéraires. Quant au premier exemple connu, le retable de l'église de Wimpfen en Allemagne, construite aux environs de 1500, nous voyons déjà le type évolué d'une manière simple et claire.La place centrale du retable est occupée par la Pietà, et en bas, enfermées dans l'écrin de la prédelle, on voit les demi-figures de personnages implorant et attendant la délivrance. 0 L'un de ceux-ci, un vieil homme à la barbe longue est peut-être un type d'Adam, emprunté aux anciennes scènes des limbes. Par contre la figure féminine au bonnet, les cheveux coiffés presque à la mode, figure dominant la composition, atteste que la scène du ..peuplement de l'enfer" des mystères n'a manqué d'y exercer un effet (fig. 28). ] " En Italie, au XVII 0 siècle, les représentations en premier lieu peintes, doivent leur naissance aux sociétés pieuses qui priaient pour les morts et dont le siège fut l'église de Sta Maria del Suffragio à Rome. 11 Ces sociétés servant les objectifs de la Restauration catholique se sont répandues par toute l'Europe. Ce mouvement est arrivé en France et dans les Flandres surtout sous l'influence des Jésuites espagnols, 12 ce dont témoigne le fait que c'est dans ces pays-là que Saint Grégoire est remplacé le plus souvent par Sainte Thérèse et par des saints jésuites. En Allemagne ce mouvement ainsi que la popularité de ces représentations se reportent au XVIII 0 siècle, qui elles se bornent au domaine de l'art populaire. La vague de l'influence espagnole arrive, par l'intermédiaire des Pays Bas, aussi dans ce pays, notamment par les tiers-ordres des Franciscains. Les feuilles de prière volantes ont diffusé les visions et prières de Jeanne de Burgos, nommée selon .Jésus et Marie, nonne Clarisse, morte; en 1650. 13 C'est encore au service du-culte des morts qu'étaient, au XVIII e siècle, 8 Sur une gravure du Maître «S» (premier quart du XVI« 1 siècle). Publié: Mâle, Ë. : L'art religieux de la fin du Moyen Age. Paris, 1925. Fig. 51. 9 Schaef er, G.: Kunstdenkmäler im Grossherzogtum Hessen. Provinz Starkenburg. Darmstadt, 1898. p. 25, Fig. 10. 10 Dömötör T.: A passiójáték. Budapest, 1930. p. 73 et suiv. 11 Mâle, E. : L'art religieux après le concile de Trente, p. G2. 12 K n i p p i n g, B. : op. cit. p. 129 et suiv. 13 S c h r e i b e r, G.: Deutschland und Spanien. Volkskundliche und Kulturkundliche Beziehungen. Düsseldorf, 1936. XL p. 394 et suiv.