Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 9. (Budapest, 1956)
FENYŐ, IVAN: Deux dessins inconnus de Fontebasso
qu'ils ont été conçus comme des oeuvres indépendantes. 6 Il n'y a que peu de dessins de cet artiste qui pourraient être mis en rapport avec ses tableaux ou avec ses eau-fortes. Les dessins de Fontebasso, à l'encontre des dessins bolonais, ont, pour la plupart, un caractère de dessin à la plume. Le dessin est souvent rehaussé de blanc ce qui rapelle fortement la technique des deux feuilles de Saint Jérôme. Les deux dessins, bien que d'une bonne qualité (soulignée aussi par Mauceri et Bodmer) sont par rapport à la légèreté et l'élégance tiépolesque de nombreux autres dessins de Fontebasso, rocailleux et grossiers. 7 Il est cependant intéressant que nous rencontrons cette même manière un peu superficielle dans quelques autres dessins de l'artiste, dessins que Byam Shaw met en rapport avec des tableaux ou gravures, tels les dessins bolonais qui sont eux aussi des esquisses pour les petits tableaux de Saint Jérôme. L'un de ces dessins (n° 329) intitulé « La chute des anges», dessin fort rocailleux et maladroit, est conservé à 1'Albertina et l'autre, intitulé « Le sang de l'agneau rachète les âmes dans le Purgatoire » est publié dans l'étude de Byam Shaw. Le style de ce dessin diffère de celui des dessins que Fontebasso a exécutés comme oeuvres indépendantes avec une prétention artistique. 8 Un autre parent proche des deux dessins bolonais publiés ici, est celui qui représente l'Ascension du Christ, conservé dans la collection Rasini de Milan. 9 Byam Shaw met cette feuille en rapport avec la fresque représentant l'Ascension de la Vierge de l'église Sta Annunziata de Trente, où le maître travailla dans les années 1736 et 1737. 10 Le style des fresques de Trente, oeuvres de jeunesse du maître, dénote les affinités les plus étroites avec celui du groupe de tableaux représentant Saint Jérôme et en même temps avec celui des dessins bolonais. Dans ces tableaux le peintre se monlre encore plus ensorcelé par le charme de Tiepolo que dans la fresque de Trente. Dans les deux dessins bolonais le visage de la Vierge ressemble aux visages des femmes de Trente, type qui chez Fontebasso retourne constamment. La tête ronde manquant d'expression, les yeux, les sourcils, le nez, la bouche et le menton sont marqués par de petites lignes ou points. Ce type dégénère en un maniérisme dans les figures féminines représentées sur les fresques des pendentifs de la coupole de Trente, mais surtout sur celles qui se trouvent sous les arcades du presbytère. 11 — Le Saint Marc figurant sur la fresque de la coupole 12 est un parent proche non seulement des Saint Jérôme assis, couchés et lisant, vi6 L o r e n z e 11, G.: Rivista di Venezia, 1935, Avril, p. 146, et Byam Shaw : op. cit. p. 318. — C'est la raison pour laquelle les dessins de Fontebasso font souvent l'effet d'une peinture. 7 II convient de rappeler ici le passage de l'article cité d'André Pigler selon lequel bientôt après la mort de Fontebasso les critiques lui ont reproché la » crudezza « de sa peinture. (Andrea Pasta, Pietro Brandolese). 8 Au Museo Correr de Venise. — Selon Byam Shaw (op. cit. p. 322) le dessin est en rapport avec le tableau d'autel de Sebastiano Ricci, conservé à l'église S. Alessandro délia Croce de Bergame, intitulé « Saint Grégoire recommande les âmes souffrant dans le Purgatoire à la protection de la Vierge «. Le tableau a été peint par Ricci en 1730 et peu de temps après, Fontebasso, âgé de vingt ans, fit une belle eau-forte d'après celui-ci. 9 Byam Shaw: op. cit., p. 321, fig. 317. 10 Morass i, A.: Francesco Fontebasso a Trento. Bollettino d'Arte XXV. 1931, p. 119. La reproduction se trouve sur p. 120. — A notre avis la belle « Assomption « de l'église Spirito Santo de Venise est le développement du style des fresques de Trente : dans ce tableau, l'influence de Tiepolo relègue encore davantage à l'arrière plan l'influence de Ricci. Ivanoff L. Nicola : Le Pitture Settecentesche nella Chiesa dello Spirito Santo. Arte Veneta. Annata nona, 1955. p. 220, fig. 258. 11 Morassi, A.: op. cit, p. 122 et 124. 12 Morassi, A.: op. cit. p. 121.