Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 8. (Budapest, 1955)

SOÓS, JULES-SZILÁGYI,JEAN GEORGES: Les statuettes de Nicolas Izsó et l'art antique

Chacune de ses figurines représentent une danse hongroise caractéristique, les motifs du «verbunkos» alors fort populaire, exécutés bien des fois avec une fidélité folk­lorique. Les pas de danse les plus typiques figurant dans la série continuent à vivre jus­qu'à nos jours à maints endroits comme tradition vivace de la danse populaire. Chaque figurine reflète parfaitement le tempérament fougeux de la danse populaire hongroise. Le choix du sujet avait pour Izsó une importance qui dépassait celle du contenu artistique. Dans les années de l'oppression autrichienne qui suivirent la défaite de la guerre d'indépendance de 1848, le costume, la chanson et la danse hongrois signifiè­rent une manifestation du sentiment patriotique. Dans la presse et les mémoires contemporains il est souvent question de démonstrations dont les participants étaient vêtus du costume hongrois, et d'oppresseurs fustigant et emprisonnant ceux qui portaient ce costume et chantaient des chansons hongroises. 8 Il n'est pas superflu de mentionner ceci à propos des figures d'Izsó, vêtues du costume hongrois, même il est intéressant de noter qu'il a porté, lui aussi, le costume national et qu'il a lui-même fort bien dansé les danses populaires. 9 Il barbouillait souvent sur les bords et les versos de ses concepts de lettres et de ses fiches des figures dansantes. Dans un cahier de brouillons, sous le titre « Badinage », on lit un long poème dont quelques vers évo­quent la série de paysans dansants. 10 Il a évidemment destiné la danse hongroise à être une protestation contre l'absolutisme des Habsbourg qui étouffaient le peuple hongrois et sa culture. Ce n'est pas non plus par hasard que justement ces petites figurines en terre cuite — qui elles ne sont pas des ébauches pour des statues de grandes dimensions, mais sont en leur genre des créations achevées, conçues comme petite sculpture — sont les oeuvres d'Izsó les plus réussies et les plus artistiques. Ce n'est pas par hasard que l'artiste se soit intensément occupé de la petite sculpture. La première période de sa brève carrière artistique tombe entre 1861 et 1867, époque de l'absolutisme autrichienne. La nation hongroise était, dans ces années, économiquement et poli­tiquement opprimée ; l'église et l'aristocratie occupèrent des sculpteurs étrangers. Les années qui suivirent le compromis de 1867 ont apporté un changement aussi dans ce domaine ; l'érection de quelques monuments fut aussitôt entreprise et Izsó fut chargé de commandes importantes : l'exécution de la statue de Csokonai à Deb­recen, de la statue de Dugonics à Szeged et de la statue de Petőfi à Budapest. Or, la mort survenue à l'âge jeune a brisé en deux sa carrière d'artiste pleine de promesses. Ainsi n'a-t-il réussi à modeler que les ébauches de ces derniers deux monuments. Il fit peu de portraits et sur commande, à peine deux ou trois. Les occasions qui lui auraient permis d'exécuter des oeuvres monumentales furent donc fort restrein­tes. C'est pourquoi ses créations de la petite sculpture ont gagné dans son oeuvre une importance tant numérique que qualitative ; ses statuettes n'étaient pas faites sur commande, il les a créées en ordre de faire valoir sa force créatrice condamnée presque à l'inactivité. Elles ont été conçues dans le signe de la liberté artistique, sensible dans chacune d'elles. JULES SOÛS-JEAN GEORGES SZILÁGYI 8 Hölgyfutár, N° 26 du Janv. 1860. — Ibidem : le 28 Janv. 1860. — Budapesti Hírlap. N° 269, 1884. Les temps des démonstrations. II e . Compte rendu des démonstra­tions contemporaines . . . 9 Les souvenirs de François U jházy nous permettent de conclure à ceci. Il écrit: « Les artistes ont organisé à Visegrád une fête de vendange dont le chef fut Izsó vêtu d'une houppelande et d'un ample pantalon blanc, et brandissant son « fokos » (canne se terminant en une hache). A la tête des défilés de vendanges marche le groupe des danseurs ou le danseur solo. Il est évident qu'Izsó a- lui-même dansé. Note de Nicolas Szmrecsányi dans les Archives du Musée des Beaux-Arts. N° 3794/1939 — 826. 10 Dépôt des Archives Nationales aux archives du Musée des Beaux-Arts. N° 2517.

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