Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 7. (Budapest, 1955)

PIGLER, ANDRÉ: Deux Apothéoses du XVIIe siecle

verain magnifié, l'Empereur Leopold I, né en 1640, dans son âge mûr. Il est fort probable, sinon sûr, que la scène de bataille visible derrière la figure équestre se rapporte à la libération de Vienne, survenue en 1683, tandis que les deux armoiries disposées dans le coin gauche du premier plan, indiquent les mérites de guerre de leur propriétaires. Le nom du dessinateur mentionné dans la légende de la feuille — Schorner del. | Wussim seul: Vienn: — est évidem­ment une faute d'écriture, étant donné qu'on ne connaît aucun peintre ou des­sinateur nommé Schorner; quant au graveur c'est Johann Franz (né en 1663) qui, parmi les membres de la famille de graveurs de Prague Wussim ou Wussin peut seul entrer en ligne de compte, car c'est lui qui a travaillé à Vienne égale­ment. 3 Ce Johann Franz Wussin a figuré en 1693 à Vienne comme témoin du mariage de Thomas Mathias Scharner, natif de Munich, occasion à laquelle le registre nomme Scharner un „vornehmer Miniaturmaler". 4 Il n'est pas douteux que la gravure en question ait été exécutée d'après le dessin de ce même Scharner. Le dictionnaire de Nagler mentionne déjà que la gravure utilise la compo­sition de Charles Lebrun, or, seul le catalogue de 1954 de la Galerie des Maîtres Anciens du Musée Hongrois des Beaux-Arts précise cette donnée, indiquant que la figure équestre de l'Empereur, le génie féminin tenant la couronne, ainsi que l'ange armé d'un bouclier et d'un glaive de feu, remontent à l'esquisse à l'huile de Lebrun, toile datant des environs de 1675—80, et conservée au Musée des Beaux-Arts (fig. 32). 5 Lebrun a destiné sa composition pour être utilisée en sens inverse, ce qui ressort du fait que le sabre est suspendu au côté droit de Louis XIV, et que l'ange, signifiant le pouvoir céleste, ainsi que l'homme incarnant la méchan­ceté, tiennent tous deux leur sabre de la main gauche. En attendant nous ne mentionnerons que comme une grande probabilité que la gravure imitant fidèlement l'esquisse de Lebrun, existe réellement, car il est bien plus vraisem­blable que Scharner et Wussin aient exécuté leur travestie d'après une gravure intermédiaire plutôt que d'après l'esquisse originale. La gravure viennoise peut certes être considérée comme une travestie. Ce n'est point seulement sa qualité médiocre qui provoque ce jugement sévère, mais aussi la trivialité de son idée. Ceux qui l'avaient commandé et exécuté, ont désiré être agréable à Leopold I en lui rendant un hommage adressé origi­nairement au Roi Soleil, l'ennemi le plus acharné de l'Empereur. Non seulement le cheval, mais aussi le costume de guerrier antique sont des accessoires emprun­tés. La forme de seconde main de l'apothéose n'a, bien entendu, pas pu être appliquée à l'adversaire sans faire une violence. La figure féminine de la France, tenant la couronne, a aisément pu être transformée en la figure de l'Allemagne portant la couronne impériale, mais le rôle de l'aigle a mis les interprètes graphiques devant un problème bien plus délicat. Sur l'esquisse de Lebrun le glaive de feu s'apprête à s'abattre, parmi tous les ennemis symboliques, en pre­3 Sur la feuille, il ne figure pas de prénom devant le nom de Wussin. N a g 1 e r, G K.: Neues alig. Künstler-Lexicon. XXII. Munich, 1852. p. 136; il classe donc la gravure sans raison justifiable parmi les ouvrages de Daniel Wussin. 4 Quellen zur Geschichte der Stadt Wien. I re partie, Vol. VI. (Hajdecki, A.) Wien, 1908. Reg. 7059. 5 Sur la gravure viennoise les monstres et les autres figures allégoriques disposés dans la partie inférieure de la composition originale, sont omis. Ceux-ci, il semble, ne furent disposés par Lebrun sous la figure de Louis XIV, qu'alternativement, étant donné que sur l'esquisse à l'huile le peintre a tracé entre l'apothéose proprement dite et la scène de l'enfer une faible ligne hori­zontale.

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