Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

GERSZI, THÉRESE: Un dessin d'Aldegrever cru perdu, découverte au Musée Hongrois des Beaux-Arts

En dehors de la ressemblance, nous devons constater aussi une diffé­rence très marquée dans la composition qui, comparée à celle de la gravure sur bois de 1511, paraît, chez Aldegrever confuse et chancelante. Pour at­teindre un effet solennel et monumental de la composition, Dürer néglige les figures et les détails superflus. En dehors de l'Enfant et des cinq principaux personnages disposés en forme géométrique et symétrique, il n'y a point de figures secondaires mises en relief dans la gravure ; la suite des rois n'est qu'indiquée par un personnage vu de dos et par ses compagnons disposés tous sur le côté gauche du dessin. A l'opposé de cet art de composer qui se réduit aux motifs essentiels, la composition de notre dessin paraît peu nette et manque d'homogénéité. L'emploi de divers motifs insolites prête à la composition un certain caractère hétérogène et embrouillé. Les motifs de genre et les figures qui ne sont pas du tout attachées à l'action et qui se font prévaloir elles-mêmes, tels que le hallebardier et les figures du centre, désag­règent l'unité de la composition. Le manque de caractère psychologique ne fait qu'augmenter l'isolement des figures qui prennent à peine part à l'ensemble. Seule, la direction des regards converges vers l'enfant relie les différents personnages entre eux. Quoique le dessin d'Aldegrever se rattache à des oeuvres qui traduisent fidèlement les tendances artistiques de la Rénaissance allemande celui-ci peut être classé parmi les oevres de la Renaissance du XVI e siècle. On pour­rait le classer du temps de l'évolution de l'art allemand, à la fin d'une époque au-delà de laquelle de nouvelles tendances artistiques, celles, du maniérisme qu'il annonce, prennent naissance. Comme le démontre la période de transition de l'évolution artistique du maître. Sur ce dessin, nous ne découvrons point les éléments si caractéristiques de l'art postérieur du maître : l'exécution en style ornemental des figures allongées et élégantes, conformes au nouvel idéal de la beauté, la gratuité de l'effet décoratif par l'emploi des contours accentués outre mesure et par la savante disposition des plis des vêtements. Par contre, le manque de clarté et le caractère de compilation de la composi­tion, l'insuffisance de la caractérisation psychologique, la vigoureuse mise en relief de l'architecture révèlent que les tendances au maniérisme commen­cent à se faire valoir. Les dimensions singulièrement grandes et l'exécution extrêmement précise, inusitée même dans les dessins de recherche faits en vue de la gravure posent le problème du destin du dessin. Vu ces caractéristiques nous devons rejeter l'hypothèse qui voulait que le dessin fût exécuté pour être gravé après en taille douce. Nous avons plus de raisons de supposer qu'il faisait partie de ces dessins que les graveurs en taille-douce de l'époque, maîtres excellents dans leur métier, avaient exécutés pour imiter des gravures comme les petit maîtres nurembergeois le faisaient fréquemment. Ces dessins étaient de petits formats ou d'une grandeur inusitée et s'intitulaient «Paradestück» (pièces de luxe). Ceux-ci furent reconnus, comme curiosités, dans les col­lections des aristocrates de l'époques. Us changeaient donc souvent de propriétaire et passèrent à titre de cadeaux au cours des siècles de collection en collection. L'inscription du dessin dit que l'oeuvre de Dürer fut donnée en cadeau, en 1611, par Patroclus Bokelmann, au comte Friedrich de Solms qui, selon les données que nous avons pu obtenir sur lui, était un militaire, riche proprié-

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