Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 5. (Budapest, 1954)

LAJTA, EDITH: Trois scenes de la légende de St. Stanislas

L'histoire légendaire de la vie des saints du moyen âge se développe parfois de façon analogue. Stanislas, évêque de Cracovie qui avait vécu 100 ans avant Thomas Becket, trouva, lui aussi, une mort violente devant l'autel où il faisait ses prières. Faire la distinction entre les représentations artistiques de ces deux événements identiques par le fond, reste souvent problémati­que. Par exemple deux tableaux attribués a Michel Pacher et conservés à Graz furent considérés par Reichel, comme la représentation de la vie de St. Stanislas. 5 C'est Stiassny qui, le premier, trouva la solution juste, 6 puis Suida réussit à expliquer en détail le thème des tableaux. 7 L'un des deux panneaux de Graz représente l'assassinat de Thomas Becket par les soldats du roi, tandis que l'autre, le choeur des anges chantant au-dessus du cadavre du saint. Ce motif peut être exactement démontré dans la légende de l'arche­vêque de Canterbury. 8 Pourtant, malgré le fait que le culte du saint anglais fut universellement répandu en Europe occidentale, il serait difficile d'expli­quer l'apparition de sa légende dans le Nord de la Hongrie. De même, on pourrait difficilement supposer que son influence s'étendit jusqu'à une petite commune de la Hongrie septentrionale. Nous avons des raisons autrement valables qui nous permettent de suivre la trace de la légende de St. Stanislas et de supposer en Hongrie le culte du grand patron de la Pologne voisine. La composition du premier panneau nous convainc que ce n'est point la mort de Thomas Becket que le peintre représenta mais la légende de Stanis­las. St. Stanislas vécut au XI e siècle et fut sacré évêque de Cracovie en 1072. C'était l'époque du roi Boleslas II, roi haï de tous, a cause de son règne tyrannique et sa vie débauchée. D'après la légende, l'évêque fit à plusieurs reprises des remontrances au roi qui promit d'abord de se corriger, mais il continua sa vie de débauche. Les relations entre l'évêque et le roi devin­rent vite tendues et se gâtèrent de plus en plus, si bien que Stanislas dut mena­cer le roi d'excommunication. Boleslas, que cette menace avait mis en fureur, décida l'assassinat de l'évêque. Stanislas s'était dans retiré la chapelle St. Michel hors de la ville, lorsque le roi ordonna aux gardes de corps de le tuer. Cependant, la vue du doux évêque en prière troubla les gardes de corps : ils reculèrent et se refusèrent â commettre l'infamie. Alors, trois fois le roi ordonna aux soldats de sa garde 3e se rendre à l'église, mais en vain, parce que chaque fois il leur répugnait de perpétrer le crime. Enfin le roi s'écria indigné: «O dégénères et ignavi ; feminae non viri; pusillanimes non mili­tes ;» 9 et ayant tiré son épée, il se rua lui-même sur l'évêque et le tua. C'est ce moment dramatique qui est fixé sur notre premier tableau. Le soldat couché par terre au premier plan fut terrassé par la peur qui lui fit tomber l'épée de la main. Le personnage médian en tenue d'apparat est le roi Boleslas, la tête couronnée, l'épée à la main pour frapper. A gauche, le chevalier en armure, avec manteau rouge, jette à l'assassin un regard désapprobateur et méprisant. ° R e i c h e 1, A. : Zwei alttiroler Tafelbilder der Landes-Bildergalerie in Graz. Monats­hefte für Kunstwissenschaft. II, 1909. p. 156. 'Stiassny: Zwei Werke Michael Pachers. Zeitschrift für bildende Kunst. VI, 1895. pp. 26-27. 7 Oesterreichische Kunstschätze. I. Heft 3. Herausgegeben von W. Suida XVII. Wien, 1911. 'Jacobus a Voragine: Legenda Aurea. La légende dorée. Traduit par M. G. B. Paris ; Garnier I. p. 63. 8 Acta Sanctorum Maii Tomus secundus Die septima Maii 228. 3 Bulletin 33

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