Szilágyi János György - Kaposy Veronika szerk.: A Szépművészeti Múzeum közleményei 4. (Budapest, 1949)

ANDRÉ PIGLER: Le tableau vénitien le plus ancien du Musée Hongrois des Beaux-Arts

le plus important de la tradition byzantine dans la peinture vénitienne du Tre­cento et en même temps l'un des premiers peintres qui relâchèrent les contraintes de cette tradition, fait qui n'est pas suffisamment apprécié par les historiens d'art. Il partit du style mûri de l'art byzantin à l'époque des Paléologues 1 et il essaya d'imprégner ce système de formes de la sensibilité plus chaleureuse, du dessin plus souple de l'art gothique. Son activité de 1333 à 1358 dans la ville aux agunes est démontrée. Depuis que l'étude fondamentale d'E. Sandberg­Vavalà 2 a prouvé avec une grande probabilité que le maître dit de Pirano et le maître du rétable St. Martin à Chioggia ne font qu'un avec Paolo da Venezia, celui-ci s'est élevé au rang de personnage central de la peinture vénitienne précoce. Il était le chef d'un «bottega» nombreux. Dans son travail il recourait plus ou moins aux membres de sa famille, à ses aides, ce qui peut expliquer l'inégalité de la qualité artistique de ses oeuvres. Pourtant les marques de son style per­sonnel que l'on ne saurait pas méconnaître rangent dans un même groupe tous les tableaux sortis de son atelier. De ces caractéristiques qui s'observent aussi sur le fragment de Budapest, mentionnons le contour droit, presque creux de la tête de Madone disposée de trois-quarts et la saillie osseuse du sourcil, puis les doigts étirés, les ornements dorés du brocart des vêtements dessinés avec un pinceau fin, enfin l'agrafe attachant le manteau de la Madone sur sa poitrine. Sous ce rapport, les trois tableaux authentiques du maître Paolo, Madone en majesté, datée 1353 et conservée au Musée du Louvre, 3 Couronnement de la Vierge, daté 1358 qui, de la Collection de Sigmaringen est passée à la col­lection Frick à New York, 4 et un tableau traitant le même sujet à la Pinacothèque du Bréra à Milan, 5 se prêtent à des comparaisons convaincantes. Parmi les motifs pris sur nature, mentionnons la fleur mise à la main droite de la Vierge qui correspond à la poire que la Madone également en majesté tend à l'Enfant sur le tableau daté 1347 et conservé à Carpineta 6 , ou à la pomme disposée sur le tableau du Louvre pour atteindre au même effet. Pourtant, certaines gaucheries de l'exécution, surtout les caractéristiques du modelé nous invitent à être prudent dans notre attribution. Nous ne devons pas non plus perdre de vue le fait déjà mentionné et appuyé par d'autres données que le maître avait une assistance relativement nombreuse. Pour ces deux raisons, nous nous bornons donc à affirmer seulement que notre tableau vénitien est une composition de Paolo da Venezia exécutée dans son atelier à la fin des années cinquante. ANDRÉ PIGLER 1 L a z a r e v, V. N. : dans 1 Annuaire de l'Institut de l'Histoire de l'Art. Moscou, 1952. 156 et 190. 2 The Burlington Magazine. LVII, 1930. 160—183. 3 Repr. : Van Marie, R. : The Development of the Italian Schools of Painting. IV. La Haye, 1924. 22. 4 Repr. : Testi, L. : La Storia della Pittura Veneziana. I. Bergamo, 1909. 196—7. 6 Repr. : Van Marie, R. : op. cit. 6/7. «Repr.: The Burlington Magazine. XCV, 1953. 338.

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