Hedvig Győry: Mélanges offerts a Edith Varga „Le lotus qui sort de terre” (Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts Supplément 1. Budapest, 2001)
KAROL MYSLIWIEC: Le harpon de Sakkara
Quant aux dieux égyptiens, c'est Horus qui se servait du harpon dans sa lutte contre Seth, dieu identifié avec l'hippopotame 32 . Le harpon sacré d'Horus était une relique gardée dans les temples égyptiens, un objet de vénération, jouant un rôle important dans le rituel. Vu les dimensions "inhumaines" de l'objet en question, on est incliné à l'interpréter comme un objet rituel lié au culte d'un dieu, sans doute Horus. Il est possible qu'il se trouvait, à l'origine, dans un temple, p.ex. un sanctuaire (la cour de la fête "scd" ?) du complexe funéraire de Netjerikhet. Les deux serpents, représentés en position d'attaque sur ses faces latérales, pourraient alors apparaître comme des gardiens du roi ou du dieu. Cette fonction des serpents est bien connue des "Textes des Pyramides" 33 . Elle correspondrait au rôle des deux serpents sculptés sur le montant calcaire portant le nom de Netjerikhet 34 . Etant donné que la direction de l'attaque des serpents représentés sur le harpon est la même que celle du crochet, on peut également songer à une autre fonction magique, celle de renforcer la férocité du coup ce qui conviendrait parfaitement à la lutte d'un dieu contre un autre. En admettant l'identification du harpon avec le roi, on pourrait, peut-être, songer même à l'assimilation temporaire de celui-ci avec le dieu Geb, père des serpents, qu'on trouve dans les Textes des Pyramides (sp. 296-297) 35 . Il se peut, néanmoins, que leur fonction était purement illustrative, mettant en parallèle l'attaque du harpon et celle du serpent. Si l'on admet la fonction rituelle du harpon de Sakkara et son association avec le roi ou (et) avec un dieu (Horus, le plus probablement), le rôle du dépôt d'animaux qui gisait au-dessus du harpon, semble moins obscure. Il faut rappeler que cet assemblage d'ossements comprenait surtout les parties frontales de plusieurs animaux sauvages 36 . Une antilope y est représentée par une paire de cornes parfaitement conservées. Cet animal dangereux, vivant dans le désert, fut associé surtout, bien que pas exclusivement, au dieu Seth 37 . Deux porcs et quelques félins, présents dans le dépôt, appartiennent également au milieu sethien. Le plus mystérieux est le rôle de plusieurs, au moins sept, " J. G. Griffiths, Horusspeer, LA Ul, 1980, p. 60. " Leitz, op. cit (note 30), pp. 385, 390-391, 407, 421. " Cf. note 22, et: Leitz, op. cit (note 30), pp. 407 (Sp. 239 b), 421 (Sp. 292). " Leitz, op. cit. (note 30), p. 424. " Cf. note 13. 37 D. Kessler, Die heiligen Tiere und der König, I. Beiträge zu Otganisalion. Kult und Theologie der spätzeitlichen Tierfriedhöfe, ÄAT 16, Wiesbaden 1989, p. 124 (4.5.46); L. Stork, Antilope, LA I, 1975, eol. 321.