Hedvig Győry: Mélanges offerts a Edith Varga „Le lotus qui sort de terre” (Bulletin du Musée Hongrois des Beaux-Arts Supplément 1. Budapest, 2001)
KAROL MYSLIWIEC: Le harpon de Sakkara
tir de l'Ancien Empire' 8 , et dans les statuettes de roi provenant du tombeau de Toutankhamon 14 . Bien qu'il soit malaisé de se faire une opinion sur la technique de la pêche au harpon d'après ces tableaux très conventionnels, certains éléments semblent évidents: le harpon n'ayant pas été utilisé comme arme de jet, mais, plutôt, une sorte d'épieu muni d'un ou de plusieurs crochets mobiles et remplaçables, il devait garantir une grande aisance au pêcheur attaquant les animaux les plus dangeureux 2 ". Le harponneur tenait, en général, le harpon d'une seule main, l'autre étant occupée par la corde enroulée autour de la bobine et fixée au crochet de harpon pour relier la victime au chasseur 21 . Or, dans le cas du harpon trouvé à Sakkara, il aurait fallu avoir, d'abord, une main de dimensions énormes afin de pouvoir saisir la hampe au centre de gravité, et, ensuite, une force de géant pour la tenir d'une seule, et même de deux mains dans la position de chasse. Il est hors de doute que cet objet était fait pour des êtres surhumains, des dieux, il avait donc un caractère purement rituel. Bien qu'aucun nom de roi ne soit gravé sur le harpon (ce qui n'exclut pas l'existence d'une inscription dans la décoration peinte dont seules quelques maces se sont conservées), la présence et la forme des deux serpents sur la hampe semble suggérer sa date. L'iconographie des serpents, y compris la position d'attaque avec la langue tirée, le nombre de sinusoïdes et le modelé des écailles comme un réseau d'incisions, trouve une analogie exacte dans la représentation des deux serpents sur les parois latérales du monument (montant d'une porte ?) en calcaire portant le nom du roi Netjerikhet, trouvé remployé dans le dallage du temple funéraire de la reine Ipout I (6 e dynastie), lors du nettoyage entrepris en 1992-1993 aux alentours du complexe funéraire du roi Téti à Sakkara 22 . '* Rex. Y. Harpur, Decoration in Egyptian Tombs of the Old Kingdom. Studies in Orientation and Scene Content, London - New York 1987, figs. 59-60, 63-64, 70-71, 189; Cf. T. Sävc-Söderbergh, Harpune, LÀ II, 1977, cols. 1012-1014. Pour les harpons utilisés depuis l'époque prédynastique, voir D. Sahrhagc, Fischfang und Fischkult im Alten Ägypten, Mainz 1998, pp. 91-93. Pour les statuettes représentant Toutankhamon harponneur (Musée du Caire, JdE 60709-60710), cf. M. Salch - H. Sourouzian, Das Ägyptische Museum Kairo - offizieller Katalog, Mainz 1986, n. 192; Tutanchamun, catalogue de l'exposition à Berlin, Ägyptisches Museum, Der Staatlichen Museen Preussischer Kulturbcsitz, 16. Febaiar 26. Mai 1980, Mainz 1980, pp. 122-123; Treasures ofTutankhamun. The Metropolitan Museum of Art, New York 1976, cat. n. 35, pp. 146-147, pl. 21 (à gauche); Autre exhibition: British Museum 1972, n. 27; PM 1/2 (2nd ed.) p. 574 (275 C, E). : " J. Vandier, Manuel d'Archéologie Egyptienne IV, Bas-reliefs et peintures. Scènes de la vie quotidienne, Paris 1964, pp. 720, 728-731. :l Vandier, op. cit. (note 20), pp. 730-731 et 778-780. " Z. Hawass, A fragmentary monument of Djoser from Saqqara, JEA 80 (1994), pp. 45-56; Z. Hawass, Recent discoveries in the pyramid complex of Teti at Saqqara, dans: M. Bárta et J. Krejci (éds), Abusir and Saqqara in the year 2000, Archiv Orientálni Supplementa IX, Prague, p. 416. Voir lc catalogue de l'exhibition: Egyptian Art in the Age of the Pyramids. The Metropolitan Museum of Art, New York 1999, p. 171.