Varga Benedek szerk.: Orvostörténeti közlemények 145-146. (Budapest, 1994)

KISEBB KÖZLEMÉNYEK - STUDIES, LECTURES - Le Calloc'h, Bernard: Se peut-il qu'Alexandre Csoma de Kőrös soit mort d'une encephalite?

SE PEUT-IL QU'ALEXANDRE CSOMA DE KŐRÖS SOIT MORT D'UNE ENCEPHALITE?* BERNARD LE CALLOC'H Il y a quelques années, j'ai cru bon de remettre sur le tapis la question de savoir de quoi est mort au juste Alexandre Csoma de Kőrös. Certes, tous les historiens spécialistes assuraient que son décès, survenu à Darjeeling le 11 avril 1842, était dû au paludisme. Mais je devinais que derrière cette confor­table unanimité une énigme subsistait. Il fallait que quelqu' un osât soulever le voile si l'on voulait que le mystère fût un jour éclairci. La première démarche consistait à passer au crible, à examiner à la loupe, la lettre adressée le 15 avril suivant par le docteur Archibald Campbell au secrétaire du gouvernement de l'Inde, Mr. Bushby. L'on n'avait pas le choix puisque c'est le seul document en notre possession qui relate les derniers jours du célèbre voyageur. Il y avait bien eu un autre témoin, à savoir le docteur William Griffith, médecin botaniste venu à Darjeeling se refaire la santé et qui visita le malade dans la matinée du 9 avril, mais il ne nous a laissé aucun compte rendu et l'on ignore même s'il s'est prononcé auprès de Campbell en faveur d'un diagnostic plutôt que d'un autre, car ce dernier n'y fait aucune allusion. La deuxième démarche consistait à examiner les différentes phases de la maladie telles que Camp­bell nous les restitue et à les comparer aux divers symptômes caractéristiques du paludisme. De cet examen approfondi j'ai tiré la conclusion que Csoma de Kőrös n'était pas mort de la malaria pour plus­ieurs raisons dont la principale est que Campbell ne l'évoque jamais, ne prescrit ni fébrifuge ni quinine ou quinquina, et que les quelques éléments de thérapeutique qu'il nous livre ne se rapportent pas à quelque sorte que ce soit de fièvre paludéenne. Cela m'a paru d'autant plus remarquable que, en tant que médecin exerçant son art en Inde depuis plus de vingt-cinq ans, il s'était trouvé pratiquement tous les jours en face des diverses variétés de fièvres tropicales. Compte tenu des mauvaises habitudes alimentaires de Csoma de Kőrös, de sa tendance irrésistible à l'ascétisme, de son âge relativement avancé, et de la façon anti-hygiènique dont il avait toujours vécu, j'en suis arrivé à la conclusion qu'il était mort d'épuisement, ou, pour employer les mots mêmes du comte Etienne Széchenyi, qu' ,,il s'est écroulé sous le poids de ses fatigues". En tout cas, la thèse selon laquelle il serait mort victime de la malaria m'a paru devoir être rejeteée pour le simple motif qu'elle est sans fondement véritable. Naturellement, j'espérais secrètement que ce pavé dans la mare susciterait des réactions. Sans doute un jour quelque biographe de Csoma de Kőrös discuterait, remettrait en cause mes affirmations et en viendrait à défendre une nouvelle théorie. C'est de la sorte que la science progresse. L'écho est venu de Suisse. L'année dernière (1992), profitant d'un séjour en Inde, M. Pierre Marc­zell, de Genève, historien attentif et avisé de Csoma, a eu l'idée de demander à un ami de faire lire le rapport de Campbell à des médecins spécialistes et de solliciter leur avis. Le 16 mars, les médecins en question ont rendu leur verdict et M. Marczell en a publié le texte dans le numéro du 18 septembre du journal „Heti Magyarország", de la manière suivante : ,, D'après le compte rendu, la fièvre était accompagnée les 6 et 9 avril de maux de tête et d'une fai­blesse générale. L'état délirant du malade le lendemain du jour où il a été pris de fièvre ainsi que la A Magyar Orvostörténelmi Társaság 1993. június 24-i ülésén elhangzott előadás francia nyelvű változata.

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