Antall József szerk.: Orvostörténeti közlemények 125-132. (Budapest, 1989-1990)

TANULMÁNYOK - ESSAYS - Le Calloc'h, Bernard: Alexandre Csoma de Kőrös n'est pas mort du paludisme

TANULMÁNYOK ALEXANDRE CSOMA DE KŐRÖS N'EST PAS MORT DU PALUDISME BERNARD LE CALLOC'H DE QUOI EST MORT ALEXANDRE CSOMA DE KŐRÖS? Tous les auteurs qui ont écrit sur Alexandre Csoma de Kőrös affirment qu'il s'est éteint à Dardjiling, en 1842, victime du paludisme qu'il aurait contracté dans le Terai en cours de route. Ils s' appuient pour cela sur les termes mêmes employés par le docteur Archibald Campbell, surinten­dant de la station chez qui le voyageur était descendu, qui, dans son rapport à George A. Bushby, secré­taire du gouvernement général de l'Inde, en date du 15 avril, déclare textuellement: „il a été victime de la fièvre contractée en cours de route" 1 . Ce rapport, publié par son premier biographe Théodore Duka, a été repris depuis lors systématique­ment par tous les autres, et la thèse du paludisme admise sans discussion. La cause semble donc entendue. Et pourtant, il y a dans le récit des derniers jours du savant hongrois beaucoup d'imprécisions et d'incertitudes, quand ce ne sont pas des contradictions. Bien des questions se posent qui auraient dû depuis longtemps être posées, et d'abord celle-ci: qu'y a-t-il de vrai dans la double affirmation selon laquelle: - il serait mort du paludisme, - il aurait contracté cette maladie dans le Terai? (I) EN CE QUI CONCERNE LE TERAI Il est vrai que c'était à l'époque une zone dangereuse, insalubre, couverte en maint endroit d'une jun­gle épaisse, où proliféraient insectes et bêtes sauvages, dont notamment des fauves comme le tigre, et où il n'était pas rare de contracter ce qu'on appelait alors la malaria. Les travaux de drainage et de défriche­ment qui devaient amener cette région à se couvrir en partie de plantations de théiers et de cultures vivriéres venaient à peine de commencer. Il était conseillé de la traverser de jour et d'éviter d'y passer la nuit, car on parlait en ce temps-là de mystérieux „miasmes", nés croyait-on de la combinaison subtile du soleil et de l'eau, corrompue par la végétation particulièrement luxuriante et proliférante au point de rendre parfois la pénétration impossible. Or, ces „miasmes" auraient eu une action délétère sur la santé des hommes à la manière d'un poison 2 . Il faut, en effet, garder présent à l'esprit que les théories prophylactiques au début du XIX-ème siècle étaient à peu près les mêmes qui prévalaient déjà du temps d'Hippocrate. Ces forêts quasiment vierges et 1 Cité par Théodore Duka dans ,JCőrösi Csoma Sándor dolgozatai", Budapest, MTA kiadás 1885, page 139. 2 Voir à ce sujet le curieux article du Dr J. Macculloch, paru dans le tome II, nouvelle série, du .Journal of sci­ence" de Londres, et reproduit dans le N°3 de mars 1829 de la revue „Gleanings in science" de Calcutta, intitulé „On malaria", où l'auteur explique en une demi douzaine de pages que les „miasmes" qui sont à l'origine de cette maladie sont le produit de la végétation dans les zones basses et humide.

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