BÁRÁNYNÉ OBERSCHALL MAGDA: A NYÍRBÁTORI STALLUMOK / Bibliotheca Humanitatis Historica - A Magyar Nemzeti Múzeum művelődéstörténeti kiadványai 2. (Budapest, 1937)

VI. LA PLACE DES STALLES DE NYÍRBÁTOR DANS L'ART ITALIEN DE L'ÉPOQUE

- 43 ­VI. LA PLACE DES STALLES DE NYÍRBÁTOR DANS L'ART ITALIEN DE L'ÉPOQUE Dans les stalles de Nyírbátor, nous possé­dons sans doute une oeuvre de maitres italiens. La structure des stalles mémes répond entiére­ment ä celle des stalles italiennes de l'époque. La plupart de Celles ci étaient également placées en doubles rangées le long du mur, d'une ma­niére ä ce que le dossier du second rang servit en mérne temps de prie-Dieu au premier, étant ä un niveau plus élévé. La construction archi­tectonique est aussi d'esprit italien. En ce qui concerne la composition du dossier et du bal­daquin du rang supérieur, ce sont les stalles de l'église San Giovanni Evangélista de Parme (oeu­vre de Marcantonio Zucchi et Testa, 1512— 1538) qui ressemblent de plus prés ä Celles de Nyírbátor: les panneaux sculptés compris entre les consoles, les voütes en plein cintre et les corniches forte­ment en saillie sont absolument pareils. 8 2 La re­partition organique de la décoration en marque­terie et en relief, répond aussi entiérement ä celle des stalles italiennes : les parties basses, les dos­siers et le fűt des pilastres sont revétus d'incrusta­tions parce que celles-ci se voient mieux de prés et ne rendent pas les siéges incommodes pour s'asseoir ; les parties situées plus haut, telles que Ies baldaquins, les irises et les corniches sont ornées de sculptures en haut relief. Les débuts de la marqueterie italienne re­montent au XIV e siécle. L'époque de sa vraie floraison était au cours du XV e siécle et au début du XVI e; ensuite vers 1550, la décadence compléte commence. Comme une espéce d'art, apparentée á la mosaique et á la peinture sur verre, la marqueterie se propose tout d'abord d'orner des surfaces planes sans donner l'illu­sion du relief. En conséquence on applique sur­tout de la marqueterie ä dessin géométrique dans ce temps-lä. Ce n'est qu'ä la fin du Quat­trocento et au début du Cinquecento que ce principe céde la place á l'effort de donner á la marqueterie — aux sujets plus variés mainte­nant — une espéce de plasticité et une certaine perspective, ce qu'on cherche ä atteindre par une repartition opportune des ombres et des lumiéres, obtenue en vernissant le bois en cou­leurs différentes. C'est sur les meubles d'église (stalles, portes, armoires de sacristie) qu'on peut suivre le mieux l'évolution de la marqueterie 3 8 Baum, Baukunst und dekorative Plastik der Früh­renaissance in Italien, Stuttgart, 1920, p. 274. italienne, car ils nous ont été conservés en nombre plus grand, que les meubles profanes de ce temps-lá. D'autre part, le travail minutieux de la marqueterie exigeait vraiment la patience des moines. A l'époque de la Renaissance, on peut distinguer quatre espéces de la marqueterie ita­lienne. La premiére consiste en une décoration purement ornamentale, qui, au début, ne cherche pas ä donner de relief aux sujets. Le centre des motifs disposés toujours symétriquement — bien connus grace á la sculpture monumentale italienne — est un vase ou un „candélabre" Renaissance et c'est autour de ce dernier que se groupent des motifs en partie conventionnels (acanthe, palmette, rosette), en partie réalistes (rose, Iys, marguerite). Ces éléments se mélent ä d'autres motifs, produits de la fantaisie enjouée de la Renaissance, tels que masques, dauphins, sphinx, griffons, trophées, cornes d'abondance, emblémes etc. toujours disposés symétriquement et d'une maniére si variée qu'entre les nombreux monuments, y compris mérne les reliefs en pierre, on n'en trouve guére qui soient complétement semblables. Cette sorte de marqueterie se voit aux stalles de Baccio d'Agnolo, de la fin du XV e siécle. dans l'église Santa Maria Novella de Florence, et en partie aux stalles de Fra Giovanni da Verona de 1499, dans l'église Santa Maria in Organo de Vérone; en outre, Ies panneaux incrustés n o s 4, 7, 8, 11 et 14 des stalles de Nyírbátor sont aussi semblables (t. VIII, 2., IX, 1-2., X, 1-2). Le second genre de la marqueterie italienne est celui qui représente des vues en perspective dont la mode, selon Burckhardt, est due á Bru­nellesco. 8 3 L'importance particuliére de ce genre de marqueteries est d'avoir gardé pour la pos­térité les projets idéaux de villes et des édifices, projets qui, peut-étre n'ont jamais été réalisés. Parfois, mais plutőt rarement, ces marqueteries représentent des édifices existant effectivement. Des marqueteries appartenant a ce genre second, se voient aux stalles du döme de Sienne, de 1503, et en partie aux stalles de Santa Maria in Or­gano á Vérone, de 1499, toutes deux oeuvres de Fra Giovanni da Verona, ensuite aux stalles de San Giovanni de Parme, oeuvre de Zucchi 3 3 J. Burckhardt, Geschichte der Renaissance in Ita­lien. Stuttgart, 1891. p. 308.

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