Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)
lointain, assoiffés de savoir voyageaient dans des pays étrangers. Elles ressemblent aussi aux admirables lettres dTstván Ferenczy. * En Hongrie, on attendait, en formant de grandes espérances, le tableau en préparation. Les protecteurs du peintre, Toldy et Eötvös ont tout de suite déclenché une campagne en safaveur.Enavrill851,Toldyaécrità Orlai ce qui suit 41 : « Le roi Louis II est un beau sujet, mais difficile. Pourtant, vous viendrez à bout des difficultés. La date de l'ouverture de l'exposition à Pest n'est pas encore définitivement fixée. Les avis se partagent entre juillet et octobre. Si on choisit la première date, le temps vous manquera. D'ailleurs je commettrai tout, par l'intermédiaire de Barabás, Bálint Kiss, Schwindt et quelques amateurs, pour que vous soyez invité à y prendre part. Dès que je serai bien assuré de l'affaire, je vous préviendrai. » Dans le postscriptum nous Usons : « L'exposition s'ouvrira vers le 15 juillet. Sans doute serez-vous invité. » Le 18 juillet 1851 une nouvelle lettre a été envoyée par Toldy 42 . « On satisfera à votre demande : je crois bien que la place demandée sera réservée à votre composition. Eötvös a parlé à Ágoston Kubinyi, directeur du Musée, qui patronnera l'affaire : dès que votre tableau sera arrivé et accepté par le jury, la Société de la Galerie de Tableaux non seulement vous remboursera les frais de transport, mais elle vous achètera aussi la toile à condition que Kubinyi et Eötvös parviennent à réunir la somme nécessaire pour la payer. La Société dispose annuellement de 400 florins ; cette somme est disponible dès maintenant ; on doit se procurer le reste par souscription. » Eötvös aussi en a fait son affaire. Le 5 mai 1851, il a envoyé à Orlai la lettre suivante : 43 « Après de longues délibérations, Toldy, Kubinyi et moi nous avons acquis la conviction que nous n'aurions bon espoir d'acheter votre tableau qu'à condition qu'il soit présenté à l'exposition qui s'ouvrira prochainement à Pest et que votre œuvre soit recommandée par Kaulbach à qui j'ai déjà écrit à ce sujet. . . de notre part, nous déclencherons une campagne et espérons recevoir de patriotes enthousiastes la somme qui, ajoutée aux 400 florins dont dispose dès maintenant la Galerie d'Art Nationale, permettra d'acquérir votre œuvre. Quant aux frais nécessités par l'envoi du tableau à Pest, la Galerie d'Art les prendra à sa charge. Veuillez donc envoyer votre tableau à l'expéditeur Raschke et Comp, à Vienne. » Le 20 mai de la même année Eötvös a de nouveau écrit au peintre en lui apprenant qu'il avait fait tout ce qui était en son pouvoir comme il l'a dit dans sa lettre précédente et qu'il n'en peut plus. En même temps, il le déconseille franchement de se mettre à peindre une nouvelle toile de grandes dimensions. (Il est probable qu'Orlai lui avait parlé d'un tel projet.) Ni l'État, ni les particuliers ne sont à même d'acheter des tableaux grandioses. Par contre s'il faisait des tableaux moins grands consacrés aux événements et aux personnages importants d'un passé tout récent, il pourrait remporter plus siirement un grand succès. (Eötvös parle d'événements « récents » et de ceux qui « ces temps derniers avaient joué un rôle important chez nous. ») En plus de Toldy et Eötvös, le peintre Miklós Barabás s'est décidé aussi à agir en faveur de la peinture d'Orlai. 44 Enfin, l'ouverture tant attendue de l'exposition a eu lieu. Elle est devenue une dure épreuve pour le jeune artiste qui allait affronter la première fois le public. L'invitation officielle est parvenue en retard à l'artiste comme le tableau à Pest. Le transport de celui-ci s'est effectué avec beaucoup de complications. C'est trois semaines après l'inauguration que le tableau fut accroché au mur où il occupait une place peu favorable. A ce sujet, la revue de Ferenc Toldy, Uj Magyar Múzeum (Le nouveau Musée hongrois) a fait des remarques pertinentes : 45 « Nous ne voudrions pas prononcer le mot de manque d'affection, mais nous ne croyons pas que l'on n'ait pu trouver une meilleure place pour que ce tableau représentant le grand deuil de la nation soit présenté dans des circonstances convenables, dans l'éclairage dont il a besoin. » Sans aucun doute, le tableau d'Orlai avait figuré un certain temps à l'exposition permanente de la Société d'Art de Munich, car la revue Uj Magyar Múzeum s'est référée dans son compte rendu à une critique parue dans un journal munichois. Elle a fait cela pour défendre l'œuvre d'Orlai en insistant sur ses mérites. « Notre attention est attirée en premier lieu par une peinture d'Orlai. C'est la technique choisie avec bonheur par l'artiste qui fait que nous accueillons avec sympathie ce sujet bien étranger à ce que nous aimons dans l'histoire. La disposition de l'ensemble, le groupement des personnages et dans la représentation de ceux-ci la mise en relief adroite des plus importants, témoignent de l'imagination du peintre. Le dessin laisse à désirer, par contre, le coloris montre le goût de l'artiste et son adresse dans l'emploi des tons. » Les critiques d'art des journaux hongrois emploient pour la plupart un ton désagréable, méprisant en parlant du tableau. Dans Pesíi Napló par exemple nous trouvons les remarques suivantes: 46 « La découverte du cadavre du roi Louis II a déçu nos espérances. Le tableau présente des fautes de psychologie que n'importe qui peut apercevoir. Il ne satisfait notre attente ni par son anatomie, ni par sa conception historique. » En cherchant les raisons de cette critique sévère, nous trouvons plusieurs explications. Sans aucun doute, ce tableau de grandes dimensions n'est pas et ne pouvait pas être impeccable dans toutes ses parties, dans tous ses dé-