Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)

peintre. Par contre, nous constatons avec surprise la riches­se en motifs nouveaux de son tableau Derrière les coulisses, daté de 1928 (Fig. 132). Dans le choix du thème il suit la mode et surtout l'exemple de Vaszary. Les peintres de l'époque étaient attirés par l'atmosphère du cirque et du théâtre. Des scènes théâtrales, clowns et masques apparais­sent sur plus d'une toile d'Aba Novak etd'Iványi Grünwald. Durement éprouvés par l'incertitude de la vie d'après guerre, par la misère et les souffrances, les artistes et les gens en général cherchaient à oublier les drames causés par la crise universelle. Dans ce tableau à deux figures disposées d'une manière insolite Miháltz évoque, lui aussi, le monde du cirque. Un changement important s'est produit dans sa manière. Les contours autrefois effacés sont devenus très nets, très accusés et les couleurs pures ont de l'éclat. Une autre composition de la même période, Arlequin 10 se remarque par la même conception. 11 La richesse du coloris persistera même après le changement du style, mais elle aura alors une autre fonction. En 1927, Miháltz quitte l'École Supérieure des Beaux­Arts et loue avec son ami de vieille date, Jenő Barcsay, un atelier rue Gyarmat et tous les deux enseignent pendant un an à l'École d'apprentissage municipale. ]­II était encore élève de l'École Supérieure des Beaux­Arts quand il exposait déjà. 13 Il a été remarqué en 1928 au Salon de Printemps 14 et il a participé aux expositions du Salon National et à celles de KUT (Nouvelle Société des Artistes) et d'UME (Association des Artistes moder­nes), dont le professeur Vaszary avait pris l'initiative. 15 La richesse de son coloris contribuait au développement de son art. En 1929, il passe l'été à Borne, en même temps que Szőnyi et Aba Novak. Ce séjour favorise ses recherches en vue de se faire un style nouveau. Les œuvres qui datent de cette période portent la marque de l'école de Rome. La violence de l'ex­pression paraît s'apaiser sous l'influence du néo-classicisme, la représentation par de grandes touches contrastées dégage une impression de calme absolu. Dans ses tableaux la Cage (Planche V) et les Lapins, 10 on constate la domination des principes rigoureux de la composition du novecento et l'ef­fort de donner à l'œuvre un équilibre calculé d'avance. Les peintres hongrois de l'école de Rome, Aba Novak, Patkó, Medveczky préfèrent, comme lui, le style calligra­phique, les formes dessinées et emploient des couleurs composées assez ternes. Mais dans les œuvres de Miháltz les motifs affectifs et lyriques ne manquent pas. Le corps inanimé d'un oiseau au plumage vivement coloré entrevu derrière les barreaux de la cage en fait preuve. Cette com­position se distingue par un coloris encore froid, mais extrêmement riche. Sans doute, Miháltz n'a pu s'attarder trop longtemps à ce style qui lui était étranger comme il l'était aux autres représentants hongrois de l'école de Rome ; c'est en cherchant du nouveau qu'il a été séduit un moment 133. Pál Miháltz (né en 1899) : Cour abandonnée, 1943 Miháltz Pál (sz.: 1899) : Kihagyott udvar, 1943 par le néo-classicisme. Pourtant même les œuvres conçues dans ce style intermédiaire n'en sont pas moins pénétrées du dynamisme et du lyrisme qui caractérisent son art. Les années qui ont abouti à la Seconde Guerre mondiale étaient très dures pour Miháltz aussi. Entretemps, il a été nommé assistant à l'École Polytechnique, mais quatre ans après sa nomination, en 1932, son poste a été supprimé et lui, il a enseigné quatre ans comme assistant surnu­méraire non salarié, jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau nommé. Cette période de sa vie l'a fortement éprouvé et a beaucoup nui à sa santé par ailleurs délicate et aussi à ses nerfs. Avec sa femme, fidèle compagne de sa vie, ils menaient alors une existence très difficile. Mais il n'a pas abandonnné le travail. En 1931, il a trouvé un deuxième chez soi dans la Colonie de peintres de Szentendre qu'il ne quittera plus. Bien qu'il n'ait devenu membre de plein droit de la Colonie qu'en 1941, 17 il se rendait souvent avec son ami Jenő Barcsay dans cette agréable petite ville sur la rive du Danube dont le climat rappelle celui des cités méridionales. Les visiteurs des expositions de KUT, d'UME, de la Galerie d'Art, du Salon National, de la Colonie de peintres de Szentendre et du Musée Ernst rencontraient toujours ses œuvres, témoignages d'une activité intense. 18 En 1933, il publie 41 gravures sur linoléum, La vie d un homme, avec la préface de Károly Lyka. C'est lui-même qui a exécuté les gravures et fait les plaquettes en 50 exemplaires. Parmi les œuvres qui sont conservées dans la collection du Département de (teinture de la Galerie Nationale Hon-

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