Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)
LES ŒUVRES DE PÁL MIHÁLTZ DANS LA COLLECTION DE LA GALERIE NATIONALE HONGROISE Parmi les artistes hongrois représentant des tendances modernes Pál Miháltz, membre de la Colonie de peintres de Szentendre s'est placé en bon rang. Notre peintre qui a aujourd'hui soixante-treize ans accomplis a débuté sous la République des conseils ; c'est alors qu'il est entré à l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts. 1 Il était né le 1 er avril 1899 à Magyarvalkó, dans ce petit village de Kalotaszeg dont les habitants sont connus pour leurs costumes populaires riches en couleurs. Son père était pasteur calviniste, une homme très cultivé, curieux de tout, développant ses dons pour les beaux-arts, s'occupant de la littérature et de la musique aussi. Son fils devenu peintre a gardé et gardera toute sa vie les souvenirs du foyer paternel et du paysage pittoresque. Il avait dix ans quand il a exécuté son premier dessin représentant le petit temple du village. 2 Son père avait installé un atelier dans son pavillon où il accueillait cordialement les artistes, muséologues et ethnographes qui parcouraient la région à la découverte de curiosités folkloriques. Le poète et romancier Zoltán Jékely évoque sa figure dans un de ses romans, dans Medárdusz et dans un poème il se rappelle le jardin du pasteur Miháltz. 3 Cet entourage explique le penchant du jeune Miháltz pour la peinture, le dessin, pour la représentation du monde extérieur. Cette vocation précoce a pu être renforcée par une autre ascendance aussi. Sa grand-mère en ligne maternelle, Klára Kiss avait été la nièce de Bálint Kiss qui avait joué un rôle important dans l'histoire de l'art hongrois dans les années de la lutte pour l'indépendance nationale et qui était devenu le premier conservateur de la Galerie Nationale Hongroise de Peinture. 3 /a Le père du futur peintre mourut en 1907 et le fils et sa mère allèrent se fixer à Szentes. C'est là qu'il fit ses études secondaires et en 1918 il fut admis à l'École Supérieure des BeauxArts de Budapest. Il a fait ses premières études sous la direction des maîtres Révész et Aladár Edvi Illés. Révész avait été le disciple de Munkácsy, ainsi par son intermédiaire l'art du grand peintre hongrois a influencé la manière des premières œuvres de Miháltz. Cette période de l'activité du jeune peintre est surtout caractérisée par ses efforts de représenter la douleur et les souffrances humaines. Il renonce à rendre simplement sa vision de la nature : il fait des touches larges, sombres et floues pour en traduire les formes. Le coloris velouté, vague de ses tableaux rappelle certains traits de la manière de Carrière. Mentionnons parmi ses œuvres exécutées dans ce style la Tête du Christ, le Golgotha (Fig. 1), Moi, etc. 4 Cependant, l'expression dynamique de sa vie intérieure fait distinguer sa manière de celle de Carrière. Son accent sensiblement passionné annonce déjà l'expressionnisme. Parmi les œuvres que nous venons de noter, c'est le Golgotha, daté de 1924 et qu'il avait gardé pour lui, qui caractérise le mieux sa première manière. 5 Au cours des dizaines d'années écoulées, l'enseignement dispensé par l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts a été souvent critiqué. Les méthodes de l'école de Benczúr avaient paru trop académiques déjà au tournant du siècle et ont été vivement attaquées par János Hock aussi." Pourtant une solution aux problèmes soulevés ne fut pas trouvée avant que la République des conseils qui avait pris l'initiative de nombreuses réformes n'eût mis sur son programme la réorganisation de l'École Supérieure des Beaux-Arts. Le projet fut réalisé plus tard quand István Réti, István Csók et János Vaszary ont été nommés professeurs de l'École et ont pris à leur charge la direction de la formation des jeunes artistes." En parlant de ces événements, Miháltz écrit ceci : « Nous autres jeunes artistes à cette époque, nous devions beaucoup à l'événement que l'on nommait la réorganisation de l'École Supérieure. Grâce à l'initiative de Károly Lyka et d'István Réti, l'enseignement qui reflétait l'esprit régressif de toute une époque a dû disparaître. Moi, j'ai demandé mon admission dans l'atelier de Vaszary et ce changement a fait sur moi l'impression de me trouver subitement dans un tout autre monde. » 8 On comprend que la personnalité suggestive de Vaszary a pu ouvrir aux jeunes des chemins nouveaux et praticables. En corrigeant leurs essais, Vaszary ne se contentait pas d'attirer leur attention sur les défauts de leurs dessins, il leur expliquait aussi, en détail, les principes des nouvelles conceptions de l'art. Après avoir terminé ses études à l'Flcole Supérieure des Beaux-Arts, Miháltz ne quittait pas Vaszary. Il travaillait à ses côtés d'abord comme stagiaire, puis comme son assistant. Vaszary appréciait dans les œuvres de son élève la recherche de la force expressive, mais il lui conseillait en même temps d'abandonner son style presque toujours monochrome pour le remplacer par une peinture claire, aux couleurs vives. Miháltz n'y a pas réussi facilement ; c'est après de longues hésitations qu'il est parvenu à se faire un style fondé sur une combinaison de touches. Il a évolué ainsi vers une manière aux touches colorées. Il recherchait des formes simplifiées, sommaires et se distin-