Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. – Doroghyné Fehér Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 2. szám. (MNG Budapest, 1974)

123. Dezső Erdey (1902-1957) : Tête de femme, 1946 Erdey Dezső (1902—1957) : Női fej, 1946 cution de l'œuvre. Les premiers préparatifs demandent plusieurs mois. Il fait des ébauches et des maquettes, prend connaissance delà place où la statue sera érigée et prévoit la partie architecturale du monument aussi (Fig. 115). Cependant, la guerre éclate et cette conflagration générale empêche l'artiste de mettre au point les projets du cheval et du cavalier et de passer à l'exécution du monument. Pourtant la maquette en bronze est tellement imposante, elle a un caractère si monumental qu'elle nous aide à imagi­ner la grande statue équestre restée à l'état de projet telle qu'elle se serait présentée en se dressant sur la grande place de Székesfehérvár. Le style de cette maquette lui a été inspiré par un chef-d'œuvre de l'art hongrois médiéval, par le buste en hermès de Saint Ladislas conservé à Győr. L'équilibre de sa propre composition est assuré par le manteau tombant sur le dos du cheval. La dignité du roi est accentuée par la position tendue des épaules. Le cava­lier tient un bouclier à sa main gauche tandis que de la main droite il dresse verticalement une lance : bouclier et lance font parties organiques de la composition. En plus des caractéristiques et des qualités déjà con­nues de l'art d'Erdey, cette statuette équestre presque ignorée du public porte témoignage sur les valeurs artis­tiques qui se seraient affirmées dans le monument dont 124. Dezső Erdey (1902-1957) : Torse de femme, 1948 Erdey Dezső (1902—1957) : Női torzó, 1948 elle fait si bien pressentir le calme, l'atmosphère et le climat. Une autre étude de cheval a fait dire à Ervin Ybl qu'elle se distingue par son modelage concis, organique et harmo­nieux jamais égalé dans la sculpture hongroise. (Lettre d'Ervin Ybl à Mme Dezső Erdey à l'occasion de la com­memorative qui a eu lieu en 1961 au Musée Ernst.) Dezső Erdey, artiste d'esprit démocratique et profon­dément socialiste vit dans une attente pleine d'espérances quand, en 1945, après la libération, une ère nouvelle s'ouvre pour la Hongrie. Il a des projets grandioses et pense déjà à des réformes dans le domaine culturel. Cependant, dans les premières années qui suivent la libération, il sera mis à l'écart, il ne recevra aucune commande. On ne parlera pas de lui et le public devra l'ignorer. Pour pourvoir à ses besoins, il sera réduit à accepter un emploi de restaurateur au Musée des Beaux-Arts. Il aura peu de temps pour tra­vailler pour lui-même. Dans sa solitude, il dessine, fait des maquettes et des têtes de petite dimension. * Il voit grand déjà dans ces petites têtes qui lui sont inspirées par les chefs-d'œuvre de la sculpture prégrecque

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