Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)

qu'il soit difficile de faire une distinction entre l'artiste naïf non figuratif et les autres artistes non figuratifs 19 , car les extrêmes d'un langage individuel finissent par se toucher, on peut supposer que dans le cas où, à l'avenir, de la construction d'éléments abstraits et d'éléments con­structifs il se formera un langage commun à tous les arts visuels, la marge entre les œuvres naïves et les œuvres non naïves s'accentuera de nouveau et la coexistence des œuvres sera plus facile à observer. En attendant, on pourra tirer des enseignements précieux de la collection et de l'étude des œuvres de l'art naïf. Bien que l'art naïf ne fût pas une forme d'expression très courante en Hongrie au XIX e siècle, les périodes et les étapes de son évolution se trouvent marquées par les œuvres d'artistes hongrois aussi. L'époque de la découverte qui se situe au tournant du siècle ne s'affirme pas aussi nettement qu'à Paris, à Munich ou dans les centres de l'art russe. Chez nous on ne découvre pas d'artistes naïfs enfermés dans leur univers étroit, de plus, on ignore l'existence d'un peintre remarquable dont les débuts sont étroitement liés à la manifestation de l'art naïf qu'il dépasse d'ailleurs de très loin par ses créations de grande valeur artistique. On ne connaît pas et on n'apprécie pas Tivadar Kosztka dit Csontváry, ni à ses débuts, ni au moment où il arrivera au sommet de son art. Le public hongrois, pas plus que le publie étranger, ne remarque pas et ne fête pas la nouveauté de sont art qui, détourné des problèmes de détail et des généralités des tendances modernes, éloigné aussi des systèmes unis des époques classiques, prend possession, dans l'élan de sa force créatrice et de son imagination peu commune, du monde entier comme lui appartenant en propre. Csontváry n'arrive pas à se solidariser avec les artistes d'avant-garde de l'époque bien qu'il ait essayé dans sa jeunesse de les rejoindre; (Munich, l'entourage de Holkisy, problèmes posés par le plein air, etc. 20 ) et qu'il se soit efforcé de résoudre à sa manière les problèmes qu'ils avaient posés. Les années qui passent l'éloignent de plus en plus de ses camarades et ils se rendent compte, lui et les autres, de la marge qui les sépare dans l'expression, dans les idées et dans leur conception du monde. Cet antagonisme entre l'artiste et la société aboutit fatalement à un divorce tragique. L'état de santé très précaire du peintre ne; fait que précipiter cette évolution. Ses explications au ton de prophéties apparaissent et se multiplient dans le silence qui s'est fait autour de ses œuvres. Csontváry a découvert les grandes possibilités de l'époque, mais l'époque n'a pas reconnu son peintre. On connaît les paroles célèbres qu'en se souvenant plus tard il prétendra avoir entendu prononcer par une voix céleste; «nu l'aurait invité à se consacrer corps et âme à la peinture. Ces paroles, il les considérera comme l'expression de l'essentiel de son art futur et aussi comme la désignation de la place qui lui reviendra dans l'histoire de la peinture : <e Tu seras le plus grand peintre « napút » (plein air) du monde, plus grand que Raphaël 21 . » Pourquoi est-ce justement le' nom de Raphaël que Csont­váry croit avoir entendu? 00. Margit Yankó : Chambre des lileuses Vankó Margit: Fonó. 1939

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