Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)

87. Miklós Káplár : (rens se rendant au petit jour à la fuire de Nagyhíd dans la Plaine Hortobágy. 1931 Káplár Miklós: A hortobágyi nagyhídi vásárra igyekvők hajnalon. 1931 ciel devant les maisons de Paris qui lui font fête, dans l'attitude du premier peintre du monde. Lui n'apposera pas au bas de ses peintures le nom d'Ingres, ni celui fie Raphaël, mais il y mettra son propre nom, dès ses débuts et en des caractères énormes. C'est donc en 18S6 que commence l'époque de la décou­verte de l'art naïf. Cette découverte est double : d'une part, l'époque découvre qu'il existe un art naïf qui a de l'importance et par cette découverte l'art naïf commence en effet d'exister et de prendre réellement de l'importance ; d'autre part, les artistes naïfs voient un champ s'ouvrir pour eux dans l'art et des tâches s'imposer dont ils pour­ront s'acqtntter. Ce n'est pas seulement Paris qui découvre l'art naïf au tournant du siècle. Munich, Dresde et Moscou en font autant et se mettent également à rassembler, à quelques années d'intervalle, les créations de l'art naïf. On connaît l'enthousiasme des artistes de la Brücke et du Blauer Reiter, en premier lieu de Kandinsky, pour Henri Rousseau et, en général, pour les problèmes de l'art naïf 14 . Les publications récentes concernant l'art russe de la fin du XIX e et du début du XX e siècle révèlent la même curiosité chez Gontcharova, Larionov, Malevitch 15 . On peut constater que ces découvertes et la collection se font encore sans aucune tendance de catégoriser. L'ad­miration des civilisations non européennes, de l'art des sociétés primitives et des créations de l'art folklorique va de pair avec l'étude des enseignements tirés de ces mani­festations culturelles et artistiques. L'objectif principal n'est pas la collection des productions de l'art naïf, mais l'utilisation de l'enseignement qui s'en dégage. L'époque de la découverte est étroitement liée à la deuxième étape de la diffusion de l'art naïf. Cette deuxième période est celle de l'adaptation. Parmi les artistes qui la représentent nombreux sont ceux que nous avons ren­contrés parmi les précurseurs de la première période. Cette deuxième période va jusqu'au milieu des années 1920 et se localise dans les grands centres artistiques et leurs environs immédiats. L'essentiel de ce processus d'adap­tation consiste en ce que l'artiste naïf en gardant de plus en plus fermement sa personnalité, son individualité, contribue, par son activité, à la renaissance de l'art, il va même jusqu'à essayer de résoudre les problèmes que l'avant-garde a posés. Il n'y a pas d'artiste chez qui le processus d'adaptation se soit manifesté aussi ouvertement, aussi sensiblement que chez Rousseau, mais on peut le constater également chez des personnalités très modestes, très effacées. Cette époque est caractérisée par l'enrichisse­ment des sujets, la hardiesse des variations, la disparition des entraves résultant du respect des règles des genres et par l'abandon du caractère d'art appliqué. Les scrupules dis­paraissent entièrement : les artistes choisissent sans crainte leurs sujets et aussi leurs moyens. Leur ambition la plus haute dans l'art, c'est de parvenir à la plénitude. La con-

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