Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)
127. Maître Inconnu : Burettes de Nagyvárad. Vers 1500 [smeretlen mester: Misekanna Nagyváradról. 1500 k. 127.) Cependant, pour nous l'événement le plus important auquel l'exposition donna lieu, ce fut la rencontre de trois œuvres du Maître M. S. On pouvait voir, dans une salle, entre la Visitation envoyée de Budapest et le Calvaire venu d'Esztergom, VAdoration des rois, tableau prêté par le Musée de Lille. (Fig. 128.) Ce voisinage direct a permis d'appuyer par les arguments que fournissait une parenté de style des plus étroites la thèse déjà ancienne, souvent contestée ou passée sous silence, selon laquelle le tableau de Lille est indiscutablement l'œuvre du Maître M. S., exécuté par lui avant les panneaux de Selmecbánya (Banská Stiavnica). 11 y a déjà assez longtemps que l'exposition de Paris et celle de Budapest ont fermé leurs portes. Les remous provoqués par elles se sont déjà apaisés et les vives impressions d'alors ont cédé la place aux enseignements que la raison a pu tirer des deux manifestations. Notre exposition a bien rempli sa mission, donner une image fidèle de notre art, et par cela elle aura contribué, à ce que cet art obtienne à l'avenir la place qu'il mérite dans l'histoire de l'art européen. Pour nous elle comportait un enseignement de; plus. Nos traditions veulent que les monuments de l'art hongrois ancien soient conservés dans trois collections nationales : les peintures et les statues par le Musée des Beaux-Arts, les objets d'art décoratif par le Musée National et aussi par le Musée des Arts décoratifs, ce dernier réunissant surtout les œuvres baroques et les œuvres modernes. Ces trois institutions organisent des expositions le plus souvent avec des œuvres appartenant à leurs collections. Si belles et si utiles que soient ces expositions, forcément elles ne sont propres qu'à illustrer une partie plus ou moins importante de l'évolution intégrale de l'art hongrois ancien. L'exposition de la Renaissance hongroise en 1964, l'exposition de l'art de la Hongrie médiévale en 1965, en Suisse, et dernièrement, la manifestation artistique qui a eu lieu à Paris ont démontré unaniment que seule la présentation parallèle des différentes branches, des genres divers de l'art peut donner, sur l'évolution de l'art hongrois ancien, une vue d'ensemble fidèle à la réalité, de la même façon que cela se fait dans l'histoire écrite de l'art où nos monuments sont présentés groupés et liés entre eux. Cet enseignement ne manque pas d'importance et d'actualité au moment où, parmi les taches urgentes et capitales de l'histoire de l'art hongrois, figure le projet de l'organisation de la première exposition permanente qui fera connaître l'art hongrois ancien dans son ensemble, de la civilisation hongroise. Dénes Radocsay