Pogány Ö. Gábor - Csengeryné Nagy Zsuzsa dr. szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Évkönyve 1. szám. (MNG Budapest, 1970)

115. György Kohán (1910-1966): Manteau. 1949 Kohán György (1910—1966): Kabát. 1949 Pourrait-on appeler simplement compassion la consola­tion étrange que Kohán apporte dans ses tableaux soit qu'il demande que l'on subisse avec dignité les assauts de l'adversité, soit qu'il lamente pour les malheureux par des gestes et par la mimique, mais nous annoçant toit jours, sans rien embellir, l'irrévocable. Dans le drame violent qui se joue dans les tableaux de Kohán il y a plus que des murmures de désapprobation ; des invectives y fusent aussi. Intransigeant et prompt comme l'éclair, l'artiste tire les conséquences des événements comme il avait l'habi­tude de se prononcer sans ménagement sur le caractère des hommes qu'il a connus, puis il indique pour les vaincus la conduite morale qu'ils doivent avoir pour supporter les tragédies de la vie et l'attitude à prendre quand on ne peut plus rien contre le malheur. La destinée; de Kohán a débordé largement les médi­tations bon marché sur les problèmes, les souffrances qu'on peut monnayer à son profit. L'expérience de devenir vic­time, grossie par ses passions, aboutit à un mythe. En plus des tragédies humaines, l'esprit du peintre est préouccupé par les drames géologiques aussi, par la disparition d'êtres primitifs (10 à 15 cartons de grande dimension consacrés à ce sujet ont été détruits), par l'infiniment petit comparé à l'infiniment grand, par le drame de vieilles maisons qui tombent en ruine. La porte cadenassée d'une petite maison blanche abandonnée produit la même impression comme si on lui faisait rentrer les paroles dans la gorge. La volute de la façade lui apprend la dignité avec laquelle il faut accueillir la fin. « Si tout cela disparaît, ce n'est plus la peine de vivre. . . » dit-il tout bas. Il craint la perte des sources de la poésie, il redoute la disparition du terrain d'élection de l'intimité, de l'inspiration, ces endroits où mûrissent les formes et les idées. C'est un sentiment ana­logue à l'impuissance devant la mort. Il éprouve sans cesse une douleur cuisante que lui ause la vue de ce qui est irrévocable, irrémédiable» dans lacvie, il souffre de tout et pour tous car il saisit les événements et les faits avec leurs conséqiu>nc<;s néfastes. Dans sa vision ces événements et ces faits s'amplifient et tournent au drame. Pour lui, les modes de vie, les époques, les mœurs, les actes et môme les apparences sont gros de conséquences et déterminent à l'avance les formes souvent monumentales que leurs con­séquences revêtiront. C'est de cette attitude spirituelle, éthique et affective de

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