dr. D. Fehér Zsuzsa - N. Újvári Magda szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 4. szám (Budapest, 1963)
28. Béla Czóbel (né en 1883): Garçon avec chien. 1921. 28. Czóbel Béla (sz. 1883): Fiú kutyával. 1921. rendues variées par la diversité des formes. Le tableau nous fait penser à ces paroles de Matisse: «Tout a son rôle dans un tableau, rôle principal ou rôle secondaire. Tout ce qui n'y joue pas de rôle, peut être négligé. L'oeuvre d'art doit être harmonieuse dans son ensemble: tout détail inutile prend la place d'un détail important dans les yeux du spectateur. » Ce tableau indique de façon spectaculaire le changement survenu dans la composition des tableaux depuis l'impressionnisme. Le seul trait commun qui assure la continuité entre l'impressionnisme et les différentes tendances postérieures à caractère décoratif, c'est que, de l'avis de tous les tenants de toufes les tendances, la fonction de l'oeuvre d'art est uniquement l'évocation d'une expérience visuelle unique. Mais la différence essentielle entre les deux méthodes de création réside dans le fait qu'alors que le peintre impressionniste cherche à interpréter l'unité optique de la réalité ambiante, les nouvelles tendances voulaient réaliser l'unité optique de la surface du tableau. Czóbel suivait cette même voie; elle mène des méthodes créatrices de Nagybánya, extrêmement senseibles aux mondres détails de l'unité atmosphérique du spectacle, aux efforts fauvistes tendant au rétablissement de l'unité de la surface du tableau, base du développement ultérieur. Coin d'atelier rappelle les qualités de la peinture de la maturité de Czóbel, mais même après ce tableau, son évolution n'est pas sans heurt. Sensible à tout ce qui est neuf, Czóbel subit à Berlin des influences qui ne pouvaient ne pas marquer son développement artistique ultérieur. C'est au cours de son séjour en Allemagne qu'il a pris contact avec cette variante locale du fauvisme qui était représentée pour la première fois au début du siècle dansl'activité des membres du groupe de Brücke. Des liens d'amitié nouaient Czóbel aux maîtres les plus éminents de cette tendance, à Ludwig Kirchner, à Erich Heckel, à Karl Schmidt-Rotluff. Ils éprouvent une estime mutuelle les uns pour les autres, estime qui s'adresse autant à sa personnalité sympatique, qu'à l'artiste de grande valeur. Les tableaux réalisés à cette époque reflètent de façon instructive ses rapports avec les fauvistes allemands. Il faut parler, à cet égard, de trois de ses tableaux, qui portent les traces de cette influence. Ce sont: Rue berlinoise (1920). 8 Garçon avec chien (1921) (Fig. 28) et le Chasseur fumant sa pipe (1923). 9 Les deux derniers sont particulièrement pleins d'enseignements pour nous. Ses tableaux parisiens et hollandais nous ont déjà montrer la lutte ardente de son tempérament contre les limites, les entraves imposées par la construction rationnelle à la Matisse. A Berlin, Czóbel trouva enfin un milieu où le fauvisme depuis le début du siècle, existait sous une forme plus dynamique, plus robuste. Les fauvistes allemands, Kirchner, Heckel, Pechstein ont, dans leurs oeuvres réalisées au cours des deux premières décades du siècle, réalisé avec succès la synthèse des tendances de leurs compagnons