dr. D. Fehér Zsuzsa - N. Újvári Magda szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 4. szám (Budapest, 1963)

23. Béla Czóbel (né en 1883): Tête Je garçon. Entre 1910 et 1919. 23. Czóbel Béla (sz. 1883): Fiúfej. 1910—19 között. d'étudier froidement, il donne libre cours à son imagina­tion, et à ses instincts dynamiques de peintre. Bien que sa tendance aux plans décoratifs, cette recon­sidération des formes et des couleurs d'après les lois parti­culières de la composition l'apparentent, à cette époque, aux fauves, son tempérament pictural, plus riche et plus sentimental, l'incite, après quelqxies années de coopération, à s'éloigner de plus en plus des conceptions artistiques de ce groupe, pour élaborer un langage pictural nouveau, plus conforme à sa personnalité. Après un an d'absence, il retourne donc à Nagybánya, en été 1906. Il y apporte ses tableaux parisiens, fort diffé­rents de la conception des peintres de Nagybánya et provo­que une véritable révolution parmi les jeunes peintres. István Réti ne manque pas de le noter dans son ouvrage consacré à la colonie d'artistes de Nagybánya: «Ces nou­velles idées provo querent une scission parmi les jeunes et d'ardentes batailles d'opinions se livraient entre deux cours. » 6 «Parmi les jeunes », dit Réti, car il était inconce­vable que les «aînés » fussent ébranlés dans leur foi dont les articles principaux avaient été élaborés en dix ans de travail. Certes, l'éducation artistique donnée par l'école de Nagybánya fut, à ses débuts, la plus progressiste que la Hongrie eût jamais connue. Travailler en plein air, d'après un modèle vivant, chercher à sauvegarder, à développer les facultés personnelles des élèves — ce sont là des princi­pes toujours valables de l'enseignement artistique. Mais les jeunes estimaient que cet attachement tenace au natu­ralisme, cette tendance à perpétuer la façon de voir déjà sclérosée de l'école de Nagybánya, étaient dépassés par les événements et ils exigeaient le renouvellement de l'école de Nagybánya. Or, c'est seulement aux académiciens que Nagybánya avait des principes à epposer, contre les «néos », elle était désarmée, sur le plan théorique, comme sur le plan pratique. Confronté avec la nature, l'académisme ap­pris à Munich apparaissait dans toute sa vide austérité, mais «rien ne sert d'en appaler à la nature, si les nouvelles tendances en refusent l'autorité », constate nos sans amer­tume Réti. 7 En même temps, la liberté de fréquenter les cours et de choisir ses professeurs, interdisait toute action résolue contre ces jeunes révoltés. Czóbel fut le premier peintre de la jeune génération à dépasser l'école de Nagybánya. Il fut le premier à adopter les nouvelles méthodes de former des images, trahissant ainsi, d'une part, une grande sensibilité à l'égard des chan­gements de l'époque, la nécessité d'exprimer la nouvelle conception du monde, et d'autre part, a exercé sur ces camarades artistes une considérable influence artistique. Ce fait lui assigne une place exceptionnelle dans l'histoire de notre art. Par sa théorie révolutionnaire, Czóbel contri­bue à l'accomplissement d'un important pas en avant. Notre art arrive à sa maturité en suivant la voie de Czóbel et des «huit » (aidé, il est vrai par les résultats obtenus par Rippl-Rónai). Cette évolution est l'un des aspects de l'eu­ropéanisation de toute notre vie intellectuelle, de l'effer­vescence qui, au début du siècle régnait dans toutes les branches de l'art. Czóbel et ses camarades implantent à Budapest, les derniers modes d'expression «avec toute l'avidité de leur jeunesse». Ö. Gábor Pogány s'exprime en ces termes à ce sujet: «Si quelques dizaines d'années d'inter­valle séparent Ady de Verlaine, cette distance n'est que d'un ou de deux ans entre Rouault et Czóbel, entre Matisse et Márffy. Dans notre élan «d'européamsation, nous n'au­rions souffert aucun retard ». Jusqu'à la première guerre mondiale, Czóbel vécut à Paris et passa ses vacances d'été en Hongrie. Mais cela ne l'empêcha pas de participer à des expositions budapestoi­ses et en 1913, il obtint un prix à l'Exposition Internatio­nale Postimpressionniste de la Maison des Artistes. Entre 1910 et 1914, nous connaissons deux tableaux de lui, une Nature morte avec des fleurs et une Tête de garçon (Fig. 23) Contrairement à ses tableaux antérieurs, peints en style fauviste où les contours épais, colorés et les hautes cou­leurs éclatantes avaient un si grand rôle, Czóbel emploie, pour ces tableaux, des couleurs plus discrètes et les con­tours qui enveloppent les formes ont un rôle moins impor­tant. Ces deux oeuvres annoncent déjà le Czóbel des an-

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