dr. D. Fehér Zsuzsa - N. Újvári Magda szerk.: A Magyar Nemzeti Galéria Közleményei 4. szám (Budapest, 1963)

19. lîélu Czóbel (né en 1883): Ouvrier. 190-1 19. Czóbel Héla (sz. 1883): Munkás. 1901. au reste de l'exposition. Il en est de même de sou autopor­trait réalisé en 1903. 3 Un premier coup d'oeil révèle aussi­tôt que le peintre n'a pas voulu faire une véritable oeuvre d'art, c'est plutôt une esquisse, avec des tons d'un jaune mat, et une étonnante pauvreté du coloris. Le visage sur­tout donne une impression de non-fini, de manque d'appro­fondissement; il est tracé à larges coups de pinceau, sans aucun souci du détail. C'est là la manière picturale de l'école de Nagybánya, l'absence habituelle du «fini», et les larges coups de pinceau produisent une impression d'es­quisse, plutôt que d'«enlevé». Le tableau intitulé: Un ouvrier, quoique fait à Bru­ges, possède les qualités de l'école de Nagybánya (Fig. 19). Il présente des changements considérables par rapport à l'Autoportrait, réalisé en atelier; c'est là une oeuvre d'une coirception typique de l'école de Nagybánya. Sa composi­tion, la représentation du modèle reflètent cette manière quai affectueuse qui est propre à la pratique des maîtres de la colonie d artistes. Ce que nous remarquons tout d'abord, c'est le soin avec lequel l'artiste a observé le vi­sage d'homme qu'il voulait représenter. Le maniement du pinceau révèle la joie, la sérénité, en même temps que la «métier», désormais très sûr, de l'artiste. 11 accorde une grande attention aux détails, mais en les présentant d'une façon pourtant sommaire, toujours subordonnés à l'en­semble. C'est ainsi qu'il réalise cette riche facture qui ca­ractérise les oeuvres des meilleurs maîtres de l'école de Nagybánya, au cours de ces années-là. La façon de «penser en couleurs», la fraîcheur du coloris, malgré l'éclairage de l'atelier, la grande et subtile richesse des valeurs, font de cette oeuvre un bel échantillon de l'école de Nagybánya. Elle montre que Czóbel a parfaitement assimilé la leçon de ses maîtres, que les phénomènes constituent sa princi­pale source d'inspiration et son ambition vise surtout à traduire cette expérience visuelle. Ajoutons que la manière dont Czóbel voit son modèle n'est pas tout à fait sa ma­nière à lui, et que la maturité, le calme que respire le tableau ne reflètent pas encore l'équilibre de l'artiste. Une autre oeuvre importante de son époque de Nagy­bánya est le Paysan <issis, propriété de la Galerie Natio­nale Hongroise (Fig. 20). C'est une étude réalisée en plein air, mais dont la valeur dépasse de loin celle d'une simple esquisse. Là, l'objectif du peintre apparaît en toute clarté, mais, en outre, nous croyons y déceler la suggestivité qui caractérisera plus tard, à l'époque de sa maturité, l'art du peintre. Il ne s'agit plus de la représentation, faite, certes, avec un excellent goût, d'un objet naturel, la personnalité de l'artiste est présente dans ce tableau. Les tableaux réalisés au cours des premières années de sa carrière ne débordent guère, par leur style, les cadres de l'école de Nagybánya. Grâce à l'étude approfondie et né­cessaire de la nature, le pintre a réussi à mettre au point sa conception artistique, saine et dynamique. Les maîtres de Nagybánya lui ont appris à s'inspirer toujours du spectacle de la nature et cet enseignement marquera toute sa car­rière artistique. L'année 1905 représente un tournant dans l'art de Czóbel. Après avoir passé un an à l'Académie Ju­lian, il resta à Paris, se familiarisa avec les tendances pic­turales progressistes de l'époque, se lia d'amitié avec Pi­casso. Mainssieux, Asselin, Dunoyer de Segonzac et d'autres peintres appartenant aux fauves. En automne 1905, Czóbel expose au Salon d'Automne, dans la salle des «fauves ». La plupart des tableaux qu'il a peints à cette époque sont perdus. La critique de l'époque appréciait tout particulière­ment ses portraits que le critique de l'édition parisienne du New York Herald Tribune qualifiait de «dernier 01 i des tendances modernes.» 4 Quoique réalisé en 1906, L'homme assis (Fig. 21) propriété de la Galeiie Nationale Hongroise ne peut guère considéré comme faisant partie des tableaux «fauves» de Czóbel. Les vêtements de l'homme corpulent, assis dans un fauteuil, sont vus d'une façon assez plate, en contradiction d'ailleurs avec la plasticité, la robustesse du visage et sur­:ÏI>

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