Wellmann Imre szerk.: A Magyar Mezőgazdasági Múzeum Közleményei 1971-1972 (Budapest, 1973)
Orosz, István: L'extension de la culture a „rotation libre" dans le Nord-Est de la Hongrie a la fin du XIXe siecle
à Angyalháza-puszta, il y avait un certain nombre de propriétaires dont Gyula Lázár qui ont engagé un procès dans une affaire pareille. 31 A Kaba, par contre, en Hajdú également, on a trouvé naturel qu'un propriétaire nommé Jakab Stern garde son indépendance à l'égard de la commune qui maintenait la pratique de l'assolement à jachère. 32 En ce qui concerne la contradiction entre le bas pourcentage de la jachère et le maintien de la pratique de l'assolement, on pourrait l'expliquer, dans le cas de l'arrondissement de Nádudvar et, peut-être, de tout le département de Hajdú, par d'autres faits encore. En 1885, les cultivateurs de Kaba ont fait parvenir une pétition à l'adresse du chef de district et de la commission représentative qui disposait des modalités d'exploitation des terres, dans laquelle ils demandaient l'autorisation d'ensemancer une terre en jachère (appelée Gorzás) de plantes fourragères. Bien que la commission n'ait donné aucune suite à la pétition des cultivateurs 33 , nous savons, grâce à d'autres documents, que la jachère verte était en expansion dans les communes de la région qui pratiquaient l'assolement à jachère quadriennal. 34 Dans certains cas (à Angyalháza, par exemple), la pratique de l'assolement permettait même de faire succéder, à l'exclusion de la jachère, les céréales et le maïs. 35 La décision prise en faveur du maintien de la jachère noire, réduite au minimum, et de la pratique de l'assolement à jachère, doit nous mettre en garde contre l'erreur qui consiste à juger les différents systèmes d'assolement de la fin du XIX e siècle à l'analogie des précédentes décennies. Ceci dit, il serait non moins erroné d'aborder l'étude de la culture à rotation «libre» en partant, dans chaque cas, des conditions de l'agriculture capitaliste moderne. C'est la culture à rotation «libre» qui permettait à l'agriculture nordaméricaine et ouest-européenne de s'accommoder des variations du marché: on n'attachait plus d'importance à la succession régulière des plantes, on mettait la production au service de la vente. Les progrès de l'agrochimie, fondée par LIEBIG, ont permis, dans la seconde moitié du siècle, de jeter les bases à la fois théoriques et pratiques de l'extension de la culture à rotation «libre». Cependant, dans les régions que nous étudions ici, la pratique de la culture à rotation «libre» n'apparaît pas tout à fait comme un système soumis aux besoins du marché 36 (zone de production de betteraves à sucre des raffineries de Hatvan et de Selyp, production du tabac, de melons et de pommes de terre 3 'Archives départementales de Hajdú-Bihar, IV. B. 905/b. Dossiers du bureau du sous-préfet, 1750/1895. 32lbid. 2628/1895. 23lbid. 712/1885. 3'iDans les communes de Tetétlen et Földes, on pratiquait l'assolement à jachère quadriennal. Dans le voisinage de Földes, à Sáp (département de Bihar), une partie de la jachère a été ensemencée de plantes fourragères. MOLNÁR, AMBRUS. Határhasználat a Bihar-megyei Sápon a 19. században (Utilisation du finage à Sáp, département Bihar, au XIXe siècle). Agrártörténeti Szemle 1968. 524—531. 35 Archives départementales de Hajdú-Bihar IV. B. 905/b. Dossiers du bureau du sous-préfet, 1750/1895. 36Selon une définition contemporaine, „la pratique de la culture à rotation «libre» ne signifie, en aucun cas, comme on le prétend, l'absence de toute disposition rationnelle, en étant, au contraire, un choix judicieux du moment, un système de culture orienté par les échanges commerciaux et libéré de toute prescription." Falusi Gazda 1881, 81.