Tanulmányok Budapest Múltjából 12. (1957)

Tóth András: Az Egyetemi Könyvtár és a magyar tudományos élet, 1849-1876 = La Bibliotheque universitaire et la vie scientifique en Hongrie, de 1849 a 1876 459-493

de la bibliothèque, Ferenc Toldy, qui — en sa qualité d'historien littéraire, or­ganisateur scientifique et professeur d'université — a réalisé le contact direct de la vie scientifique hongroise et du travail des bibliothécaires. * Après la défaite de la guerre de l'indépendance hongroise de 1848—1849, presque une année devait écouler jusqu'à ce que la terreur du régime absolutiste eût perdu de sa barbarie, et que, dans cette longue et triste époque, il devînt pos­sible de rétablir le cours normal de la vie, même de la vie scientifique. La biblio­thèque devait subir, dans cette période de transition, tout d'abord les enquêtes de caractère politique, et surmonter en même temps des difficultés plus ou moins, grandes (telles par exemple la menace de faire retourner la bibliothèque à Buda, ainsi que la revendication de certains livres par la Croatie). Cependant les graves difficultés du recommencement ne pouvaient empêcher le directeur qu'il ne cherchât satisfaire les exigences du public. Grâce à ses efforts, la nouvelle salle des périodiques s'ouvre déjà en février 1850, destinée par Toldy et le conseil de l'Université à servir de «club» aux savants de Pest. Après la période de transition, la fréquentation de la bibliothèque augmenta rapidement ; contre les 10 785 lecteurs de l'année académique 1851/1852, au cours de 1868/1869 au total 35 229 lecteurs ont fréquenté les salles de lecture. Par suite d'une pareille augmentation, au bout de cette période le vieux bâtiment délabré de la bibliothèque ne suffit plus à assurer le service des usagers ni à contenir le stock d'une manière convenable. (En 1851 le stock comprenait 72 630 volumes, tandis qu'en 1875 ce chiffre se montait à 200 000.) Cependant, les difficultés ne furent pas bornées aux problèmes de bâti­ment et de locaux. Même pour Cet édifice menacé d'écroulement, la bibliothèque devait faire une guerre à outrance contre l'ordre des franciscains à Pest, et la construction d'une nouvelle bibliothèque ne fut possible qu'au bout d'une lutte politique sérieuse. Mais outre les problèmes principaux, le travail de la bibliothèque était gravement entravé, depuis à peu près un siècle, par la dotation minime. Le budget annuel des acquisitions, jusqu'à 1830, était 400 florins, dans les années de 1830 à 1859 1000 florins, et après 1860,2000 florins. Réduite à cette somme dérisoire, la bibliothèque n'était pas à même de poursuivre une politique d'ac­quisitions de grande envergure. C'est pourquoi elle considéra dès le début, avec un juste sens, comme sa tâche primaire d'enrichir systématiquement la collection bibliographique et encyclopédique de livres de référence. La livraison des dé­pôts légaux était irrégulière. Cependant les différents legs et dons bénévoles ont considérablement enrichi la bibliothèque (les plus importants de ceux-là furent la bibliothèque de Frank en 1857 et celle de Balogh en 1870). A l'époque en ques­tion, les relations de la bibliothèque avec l'étranger se sont élargies d'une façon appréciable : au début de l'année 1862 l'échange international de publications embrassait 18 bibliothèques universitaires étrangères (dont 9 en dehors de la Monarchie) et 13 instituts scientifiques. Malgré les problèmes du bâtiment et de l'acquisition, la bibliothèque a servi ses lecteurs d'un rendement de valeur. Le directeur Ferenc Toldy considéra comme le but primordial de la bibliothèque d'élargir le cercle des lecteurs et d'as­surer le service de ceux-ci le plus parfaitement possible. La sollicitude à l'égard du public ne devait pas être, d'après son opinion, un but en soi, un objectif de statistique, mais bien l'accomplissement d'un devoir éducatif positif ayant un caractère politique dans les conditions de l'absolutisme. Dans les premières se­maines de l'oppression il écrivit à un de ses amis ce qui suit : ,,Évincée de diffé­rents domaines, la nation va sustenter sa vie sur les champs littéraires. Ici, la rencontre des écrivains et des lecteurs (c'est à dire : l'édition et les bibliothèques) sera plus chaleureuse et plus fréquente . . . Nous autres (c'est à dire : écrivains, savants et bibliothécaires) entretenons avec une affection redoublée, avec une foi inébranblable et une espérance enfantine, la sainte flamme qui développa, après mille ans, tant de force au sein de la nation : nous l'entretenons, quant à présent, comme un but. . . Servata valebunt." 492

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