Budapest Régiségei 22. (1971)
TANULMÁNYOK - Feuerné Tóth Rózsa: A margitszigeti domonkos kolostor 245-269
F. TÓTH RÓZSA LE COUVENT DOMINICAIN DE L'ILE MARGUERITE Les ruines du couvent des religieuses dominicaines situé à l'île Marguerite de Budapest ont été mis au jour lors de plusieurs fouilles effectuées depuis 1938, dont les dernières, d'importance moins grande, ont eu lieu entre 1958 et 1962. L'étude veut donner une vue d'ensemble sur les résultats des fouilles et des recherches scientifiques plus récentes. Selon nos connaissances acquises il y a déjà assez longtemps en ce qui concerne l'histoire de la construction du couvent, cette construction avait été commencée par le roi Béla IV, pour sa fille, Marguerite, en 1246, après l'invasion des Mongols. Les religieuses purent s'installer dans les bâtiments dès 1255. Elles les quittèrent en 1541, lors de la conquête turque — depuis, le couvent est inhabité. L'architecture du XIII ème siècle de l'église monastique de l'île Marguerite présente un très grand intérêt de point de vue de l'histoire de l'art, étant données ses étroites liaisons de formes avec les bâtiments les plus importants du nouveau siège royal créé à Buda après l'invasion mongole, notamment avec l'église de Nôtre Dame de Buda (actuellement église Matthias), et avec l'église du monastère dominicain du quartier de château de Buda. L'explication de ces rapports étroits ne peut nous rassurer que dans le cas où nous acceptons la supposition que les travaux de l'île Marguerite et du quartier du château ont été effectués, pendant la deuxième mitié du XIII ème siècle, par un groupe de tailleur de pierre qui avaient été formés par un centre cistercien et connaissaient l'architecture des monastères de Sainte Agnès de Prague, de Klosterneuburg et de Heiligenkreuz en Autriche. On ne peut comprendre le choeur rectangulaire de l'église monastique du XIII ème siècle et la logique de la division des différents bâtiments monastiques qu'à l'aide des analogies cisterciennes. Église. L'église monastique du XIII ème siècle avait une nef unique, le choeur rectangulaire était couvert de deux travées sur croisés d'ogives. A cette époque encore la nef avait une charpente apparente et sa partie ouest était occupée par le choeur des moniales (2. fig. .A). L'église n'avait jamais une entrée ouest, dont la place était occupée par une tour, carrée, en bas et octogonale, en haut, à corniche riche. La première reconstruction, vers les années 1381 et 1405, se caractérisa par l'introduction générale des conquêtes de la statique de l'architecture gothique. C'était à cette époque qu'un choeur polygonal fut ajouté à l'église et que les contreforts extérieurs de la nef aussi bien que les contreforts intérieurs soutenant la tribune des religieuses située à l'étage supérieur, furent construits (2, fig. B.). Les formes d'art provenant de cette époque sont en parenté avec les oeuvres de l'atelier Parler. La troisième et dernière reconstruction effectuée au tournant du XV ème et du XVl ème siècles est caractérisée par l'emploi riche de l'ornementation du gothique tardif qui marqua, entre autres, la formation de la voûte de la nef et du choeur, et la transformation plus richement ornée de la partie est de la tribune des religieuses (tableau 2, fig. C). Bâtiments monastiques. Conformément aux monastères médiévaux, le plan du couvent dominicain de l'île Marguerite est régulier (t. 1.). Les analogies les plus proches de la division des bâtiments monastiques se retrouvent dans l'architecture cistercienne du XII ème et du XIH ème siècles. A cette époque encore, le cloître était probablement fait de bois et n'a été voûté et pourvu d'arcades de pierre qu'au cours du XIII ème siècle. Seules les fondations du pavillon de la fontaine ajouté à la galerie sud du cloître ont subsisté et les nouvelles fouilles ont mis au jour le canal d'égoût de la fontaine datant du XV ème siècle. Les pièces de l'aile est du couvent sont la sacristie, la salle capitulaire, le parloir, l'escalier du dortoir, le passage conduisant aux bâtiments situés à l'est du couvent et la cuisine du XIH ème siècle (t. 1, 5—IL). Les pièces de l'aile sud de la clôture sont disposées d'une façon légèrement différente du schéma typiquement cistercien, étant donné qu'à la place du chauffoir nous trouvons ici une pièce divisée en deux parties par un mur. Le côté est en estun passage communiquant entre la cuisine et le cloître (t. 1, no. 12.), tandis que le côté ouest sert d'escalier pour descendre vers la porte de foyer de la chambre de combustion aménagée sous le plancher du réfectoire voisin (t. 1 no. 13—14.). Jusqu'aux récentes fouilles (1958), cette forme de hypocauste médiéval n'était pas connue en Hongrie. En effet, il s'agit ici d'un chauffage à air chaud effectué à partir d'un chambre de combustion de 3,40 ms sur 2 ms, qui est aménagée à 1,40 ms au dessous du plancher du réfectoire. Cette chambre était couverte, au niveau du plancher, par des dalles percées et pourvues de couvercles en métal. Au moment où le feu, une fois éteint, ne laissait que des braises, lés couvercles furent ôtés de sorte que l'air chaud put entrer dans la salle. Ce genre de chauffage à air chaud se retrouve souvent dans les monastères européens, surtout cisterciens, du XII ème et du XIII ème siècles. L'aile ouest du couvent était probablement le bâtiment des soeurs laies (t. 1, no. 15—16.). L'on a procédé à des fouilles à l'extérieur du couvent aussi, mais la mise au point des ruines exhumées n'étant encore complètement terminée, il serait prématuré de s'occuper de la définition de leur fonction. 269 ' ' -. .