Budapest Régiségei 15. (1950)

Nagy Tibor: A sárkeszi Mithraeum és az aquincumi Mithra-emlékek 45-120

ment quatre autres petits autels et trois cyprès le coin du tableau était réservé au buste de Luna. Ce relief a été mis au jour avec les deux autels de Marci Auvelii Eron­tonianus et Fronto (Cil/.- III. 3383—4.) ; il date de la même époque que ces autels (premier tiers du III e siècle) . Les bas-reliefs de Sárkeszi, Székesfehér­vár et Budaőrs suffisent pour démontrer qu'à Aquincum et dans ses environs on connaissait non seulement le type plus ancien des tableaux de ce genre, mais aussi celui où les représentations symboliques étaient complétées par les éléments cosmiques. Comme nous venons d'établir, les deux dernières pièces remontent à la première moitié duTII e siècle. Quant au tableau d'autel de Sárkeszi, il est antérieur aux autres ; selon son témoignage, ces reliefs plus riches en motifs symboliques ont pu pénétré de l'Italie dans le Nord-Est de la Pannonié — probablement par l'intermédiaire du Sud-Ouest de la même province — dès le II e siècle de notre ère. Ici, dans de Nord-Kst de la Pannonié, ce type originaire d'Italie, à savoir la représentation des dadophores s'est enrichie d'un attribut caractéristique qui manque aussi bien aux monuments mithriaques de la Pannonié occidentale qu'à ceux de l'Italie. Nous pensons précisé­ment au bouclier en forme de pelta que les acolytes de Mithra tiennent dans leur main gauche sur les tableaux d'autel de Sárkeszi et de Budaőrs. Jusqu'ici des dadophores munis de ce bouclier d'amazone —comme il ressort des notes 213—4 du texte hongrois —- ne nous étaient connus que dans l'art mithriaque d'Aquincum et dans les régions influencées par ce centre provincial 60 (fig. 13—-15). D'une manière générale, ce motif est sí peu répandu qu'il convient de lui attribuer une certaine importance locale. Les phénomènes de ce genre ne sont d'ailleurs guère surprenant en ce qui concerne l'art mithriaque : sur deux 60 I,es statues rondes du mithréum de Sidon ne peuvent pas entrer en ligne de compte (cf. R. De Ridder, o. c. planches XXIV et suiv.) : dans ce cas les dadophores, au lieu d'être munis d'un bouclier d'amazone, tiennent une hache à double tranchant [iabrys] et c'est la lame de celle-ci qui s'est transformée en pelta.. monuments rhénans (Mon, 252, d et CX R. Li- 33, pl. XIII, fig. 1) les jeunes gens tiennent dans la main un objet semblable à une clé, mais ce motif n'est connu d'aucune autre source. Dans une zone approximative­ment identique avec la sphère de diffusion de ce type de dadophore, on retrouve des cadres décorés de pelta aussi sur deux autres groupes de monuments, à savoir sur les sarcophages et les inscriptions d'édi­fices. 61 Néanmoins c'est uniquement au point de vue de la forme que les boucliers des porte­flambeau puissent être rapprochés de la décoration . analogue des sarcophages ; ces derniers ne sont guère susceptibles d'élucider aussi la signification, religieuse de ces objets. Il n'est pas douteux que sur les monuments d'Aquincum et de ses environs les boucliers ovales ou en forme de -pelta ne jouent jamais le rôle d'une simple décoration et il serait également faux de les considérer comme autant d'indices du caractères orien­tal des figures accessoires. 62 Le bouclier a, par la nature même des monuments en question, une signification religieuse qu'il faut essayer de saisir à la lumière de l'idé­ologie mithriaque. 63 Pour délimiter la sphère d'idées religieuses où l'explication de ce motif est à chercher, il convient de rappeler un passage du célèbre X. Yast (vers 112 et suivants). 64 Dans cet hymne il s'agit de l'armure du Mithra prêt à aller sur le champ de bataille. Le dieu entre en combat sur son char de guerre tirés par les chevaux du soleil ; parmi ses armes on signale, outre l'inconnu frasna,- aussi un bouclier d'or. Il en appert que le bouclier est un accessoire aussi important du Mithra représenté le dieu delà guerre que l'are et le 6i Voir l'étude minutieuse de L. Nagy, Arch. Ért. XI-,11, 1928, pi 68 ss., ainsi que les remarques du même auteur dans Budapest Története, I, 1942, p. 610 Cf, aussi mon étude que va paraître dans l'Archaeologiai ]§rt. 62 I^eur costume suffit à l'indiquer d'une manière ,-'••'•'.. satisfaisante. •.•'.',.• * 63 Cette idée a déjà été entrevue par S. Kuzsinszkv , Bp. R. XII, p. 118. 64 I^a traduction proposée par James Darmesteter (The Zend Avesta, II, p. 148, The Sacred Books of- the East, vol. XXIII) n'est pas tout à fait .".' exacte. Voir ce passage chez if. S. Nyberg, Die Religionen des alten Iran, p. 62 ss. 117

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