Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
228 Josef Hrazky à témoin, envoyés le moi, quand vous aurés fini (s) ou du moins fini(s) de travailler. Adieu, chere Soeur, je vous baise, je me porte fort bien et espere avoir le plaisir de vous voir chés l’Empereur, vous sçaurés, que la Salmur i) est arrivé hier au soir: ce que vous vouliés sçavoir hier, n’est pas comme vous l’avés cru, mais seulement une visite d’amitié. XII. 24. Bonjour, aimable, adorable, chere, Sainte Soeur, comme je ne sçai que devenir, ayant déjà joué du violon et n’étant en train ni de manger ni d’ecrire ni peindre, je ne trouve d’autre ressource pour me donner quelque gout au travail que de me presenter à vos pieds par écrit, étant trop paresseuse pour le faire en réalité. Vous avés désiré de sçavoir de mes nouvelles ce matin, mais comment faire tenir ma tete, ma poitrine, mon estomac, mon ventre dans une boule comme est votre ambassadeur? je sçai, que j’ai sçu me plier de sorte à pouvoir en former une moi-meme, mais comme il y a 20 ans de cela, que jétois d’ailleurs plus petite, j’ignore, comment cela reussiroit. je le tenterois pourtant encore, si je ne craignerois d’ecraser l’enfant Jesus de mon fameux tableau, ce qui, en y mettant un retardement, pour [r] oit bien troubler mon pinceau, je vous dirai donc pour satisfaire à votre curiosité, que je connois etre assés vive, que ma tete, ma poitrine, mon estomac, mon ventre se portent à merveille, mais que plus je suis inquiet(t)e du rhume de ma Soeur Marie Anne, plus j’envie son sort, quoique je sois persuadée, que je serai peutetre plus tot expediée qu’elle. Vous allés sans doute gronder, prêcher contre XII. 24 a. moi, pauvre creature, qui ne fais nul mal et souhait(t)e pardessus tout votre bonheur, c’est la le point, où dirés vous sans doute aussi: ce serait le seul point, qui pourroit me faire regretter la vie, mais parceque je vous aime, je crois de mon devoir de vous preparer par des discours (odieux à la vérité pour vous) à un evenement possible, me croyez-vous peutetre immortelle? ou sçavez vous le moment, qui doit terminer nos jours? en ce cas je me tais, n’ayant plus rien à dire, nous sommes tous dans l’incertitude, comme il se peut, que je vous survive, il se peut aussi, que vous me surviviés. ainsi laissés moi donc la triste satisfaction de vous entretenir un moment des idées, qui m’ont encore occupée malgré tous les éfforts, que j’ai fait pour les chasser, je ne puis absolument et quoique je fasse, concevoir, que je doive voir ecouler encore une année, et s’il etoit des annonces sures de la mort, s’en devroit etre une, je la prendrois, si je me croyais une Sainte, pour une inspiration du Ciel, car un pressentiment aussi fort, aussi tranquille est rare, je crois, à trouver, je puis dire, qu’il me semble, qu’une voix secret(t)e me l’annonce, et cet arret, qui devrait me troubler, répand une douceur, une onction dans mon ame, que je ne puis comprendre et encore moins exprimer, elle m’encourage à tout et me donne une force supérieure à moi meme, je suis, depuis deux jours que cela me tient, dans un état délicieux et je ne sçache pas, que toutes les joies, qu’on puisse éprouver dans le monde, puissent egaler cette douceur, cette satisfaction intérieur, que je ressens, mais comme je ne suis pas une Sainte, je crois, que la tete me tourne et que, comme la plus proche de devenir folle de toute la famille, il ne seroit pas juste, que je me laisse devancer par vous, qui y avés aussi des dispositions, en tout cas pour tel ce qui pourroit arriver, je vais commencer le tableau, que vous désirés, j’y ferais un i) i) Ygl. Billet VIII. 35, S. 224, Anm. 2.