Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)
HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma
Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 195 n’exige nulle de reflections, c’est dommage, que Dieu n’en ait pas fait un animal dependant, car pour lors toutes ses sottisses serviroint d’amusement aux mortels raisonnables, tels que sont les femmes. Mais je vais découvrir, pourquoi ils ont la supériorité sur elles. 1. pour que leurs def(f)auts fassent briller d’avantage nos vertus. 2. pour que leur conduite baroque puisse mieux les mettre dans tout leur jour. 3. pour qu’ils soyent souffert dans le monde, duquel ils seroint totalement bannis, s’ils n’avoint toute l’autorité en main, et notre esclavage ne vient que de la superioritée, qu’ils sentent bien que nous avons sur eux. par exemple: tout femme au monde peut ou pourroit se passer d’homme, s’il n’etoit pas dit, que toute fille est un etre odieux, au lieu qu’aucun homme ne se peut passer de femme, elles égayent la compagnie, les amusent, contentent leurs passions. Voila comme tout homme n’est bon à rien et est cependant bon à quelque chose, puisque pourtant le Diable s’en est mêlé, autant vaut il, après tout compte fait, prendre patience et vivre avec eux en paix. 4. Les charmes de la fausse amitié. I. 1. L’amitié pure, vive, sincère, peut avoir des charmes pour l’univers aveuglé, pour des âmes faibles imparfait(t)es; elle a été autrefois à la mode, la fin de l’année 41 >) et le commencement de 42 2) en virent éclore les derniers prodiges, déjà on s’était apperçu de son inutilité et l’année 38 s) vit détruire vers son déclin par la naissance d’un chef d’oeuvre d’une nouvelle éspece les préjugées favorables, qui restrint encore en partie les partisans de la fidelité. Ils se virent entraînés malgré eux par les attraits de ce qui venoit de recevoir le jour, à un partis, qu’ils avoient jusque-la regardé comme odieux, ils ne purent s’empêcher d’admirer ce qu’ils avoient detesté, les graces naissantes relevé[e] s par une education, dont l’auteur fut une fille, qui jamais ne connut que l’art, qui méprisé la nature et ses prétendus charmes, ils se virent forcés à éstimer ce qui leur paroissoit méprisable. En effet si l’on considère la fausse amitié, elle est faite pour les grandes âmes, qu’est-ce que l’amitié et toutes ses douceurs? c’est l’amour propre, qui y fait trouver une satifaction, c’est donc une belle gloire que de suivre l’amour propre, ce qu’il dicte, ce qu’il veut! mais etre trompé sans cesse, voir la fausseté regner dans le coeur de ses amis, etre sur, qu’il font tout pour les perdre, voila qui rend bien plus piquants les charmes de leur compagnie et de leurs caresses. La nécessité, où la fausse amitié sent d’etre sans cesse sur ses gardes de parer les coups, qu’on vous porte, de prévenir les pièges, qu’on vous tend, fait occupation, I. 2. que jamais l’on sçauroit trouver dans la vrai amitié, une occupation sans cesse varié, qui ne consiste pas de se dire sans cesse, qu’on s’aime, à se communiquer ce qu’on pense: il ne reste plus rien à deviner, on trouve cent replis, cent nouveautés, qu’on n’auroit jamais cru. D’ailleurs dans toute amitié qu’est ce qui en relève les charmes, qu’est-ce qui les rend piquantes? sans doute les petites brouilleries, les petites querelles, qui s’en mêlent! dans la fausse amitié à tous 1) Isabella, geboren am 31. XII. 1741, gestorben am 27. XI. 1763. 2) Maria Christine, geboren am 13. V. 1742, gestorben am 24. VI. 1798. 8) Maria Anna, geboren am 6. X. 1738, gestorben am 19. XI. 1789. 13*