Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 193 Mais j’ai fait aujourdui une nouvelle observation, qui n’a pas laissé que de me divertir. C’est Doris et Daphné. Doris toutjours enjouée, se croyant belle, agréable et spirituelle, cherche sans cesse à plaire et joue la passionée pour cent objets à la fois, lors meme qu’elle est la moins emue pour eux. l’idée de faire des conquêtes la flatte et le plaisir de chagrin (n) er ceux qui sont chargés de met­tre un frein à ses extravagances, l’anime encore et fait ses plus grandes delices. elle ne peut souffrir Cephise, et quoique peu susceptible d’une solide amitié, elle ne peut voir sans chagrin de se la voir preferée. Sans cesse évaporée et incapable d’attachement serieux, elle semble ne connaître que la jalousie, mais cette passion, qui sied mal, ce me semble, à la coquetterie, l’occupe en entier. Daphné, bien loin d’avoir sa vivacité et IV. 16. l’agremens, qu’elle tire de son etourderie, mais cependant d’une figure plus avan­tageuse, veut etre sa fidel(l)e copie, elle soupire et pretend avoir aussi des soupirans, elles en cherchent toutes deux dans les classes les plus basses, celle-cy, pas moins jalouse que l’autre, exedée par ses maussades complimens, dont elles vous accablent, elles etoint toutes deux au depart de Cephise. j’avoue, que moi- meme, ennuié de nous voir séparées pour trois jours, je faisois la mine un peu bourrue, elles triomphantes croyent devoir jouir de moi pendant ce tems et cependant elles se trompent fort. Doris vient d’abord à moi, et m’embrassant d’un air de protection me dit: „c’est mon tour à vous embrasser.“ Daphné plus........ en apparence, mais pas moins glorieuse dans le fond, me dit d’un air maussade, qu’il lui paroissoit bien étrange de me voir partir seule, je crois ne leur en déplaire, qu’elles auroint bien voulu venir me relancer jusque chés moi. mais grace à mon humeur sombre et à ma froideur elles m’ont laissée en paix, cepen­dant cela m’a fait faire des reflections. IV. 17. Comment est il possible (me suis-je dit à moi meme), que deux personnes puis­sent rechercher ce qui au monde leur est le moins homogène? car en effet Doris est-elle d’un caractère à s’amuser de la vie, qu’on mène chés moi, où le travail seul et les reflections ont lieu? je le demande à tous ceux, qui viennent d’en avoir le portrait ou qui la conaissent; et Daphné, qui craint d’entendre proférer le nom de livre, peut elle s’accommoder d’un raisonnement serieux et suivie? c’est la folie de l’homme, mais surtout de ces esprits impertinens dans leurs idées, si je l’ose dire, de chercher la gloire d’avoir été quelque tems avec quelqu’un, qu’ils croyent qu’on estime, quoique ce tems soit perdu et pour lui et pour eux. il faut avoir fourieusément d’envie de briller ou de se contraindre pour preferer de s’ennuyer à mort, pourvu qu’on puisse ou se donner des airs ou peut-etre causer de la jalousie aux autres. D’ailleurs je ne puis concevoir, que pour le plaisir d’un triomphe, qui coûte si cher à un IV. 18. esprit leger, on veuille s’exposer au desagremens d’etre à charge à une personne, qui aime la solitude ou la petite compagnie, j’avoue, que cela me passe, j’ajoutai encore à ces reflections celle-cy, qui terminera ce petit discours, qui est, que le plus grand malheur est d’avoir la tete ouide de bonnes choses, de lectures et de reflections, parceque non seulement on est à charge à soi meme et aux autres ou donne dans tous les travers, mais parcequ’on se fait aussi des Mitteilungen, Band 12 13

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