Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 12. (1959)

HRAZKY, Josef: Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma

Die Persönlichkeit der Infantin Isabella von Parma 191 A. AUFSÄTZE. 1. IV. 9. [Reflections faites dans la solitude] Depuis que je me vois seule ici, je sens une demangeaison terrible de coucher sur le papier les reflections, que je fais dans ma solitude. Un peu sombre de ma nature, il m’est permis de voir et de raisonner en spectateur. si je ne suis pas absolument parvenue ä etre aussi taciturne et aussi ennemie des discours que lui, j’ai peut-etre l’avantage sur lui de penser en pariant de choses indifferentes et de faire mes remarques tout aussi commodément, lorsque je suis enfoncée dans un discours de frivolité, que si je gardais un profond silence, il est vrai, que les paroles sont chés moi d’un trés grand prix et que souvent je semble craindre de les epuiser. cela est vrai dans le fond'et je suis tres avare en fait de conver­sation ä la mode, non pas tant par misant[h]ropie que IV. 10. par la seeheresse d’idées, qui me prend, lorsqu’il est question d’un ajustement d’un esprit, du bon ton ou du terns qu’il fait. s’il est question de choses plus serieuses, je suis genée par la crainte du pedantisme, que je hais, et par celle d’approfondir trop des sujets serieux, qui pouvoint devenir froids et ennuyeux pour une compagnie enjouée, oü l’on se passe fort bien d’un moralisme eternelle. je me borne done ä penser et ne m’ouvre guere que vis-a-vis de ceux, ä qui je crois peut-etre devenir utile par lä ou ä ceux, qui étant au dessus de moi par leur talens, leur merite et leur experience peuvent corriger ce qui peutetre est outré dans mes idées ou ce qui s’y rencontre de faux, car quel est l’homme sans def(f)auts et sans preventions? je ne m’en crois pas plus exempte qu’une autre, e’est pour cela que je cherche des lumieres en attendant, voici quelque reflec­tions que j’ai faites depuis le depart de Cephise. IV. 11. A considerer le monde avec attention e’est pourtant une etrange chose de voir les mouvemens, que les hommes en general et on peut dire chaqu’un en parti- culier se donnent pour des objets, dönt la frivolité sembleroit devoir les en eloigner et des quels iis se forment une idée si differente, en pariant l’autre jour avec Cephise il me semble d’avoir laché une proposition, qui paroitra sans doute absurde et fausse et qu’elle merne semble trouver telle, cependant rien de plus vrai et de plus utile, ce me semble, ä ceux, qui sans etre aussi philosophes que moi la voudront approfondir. je dis done, que le bonheur et le malheur etoint des etres chimeriques, dés qu’on les vouloit prendre du coté des evenemens de la vie et qu’exepté la douceur d’une conduite irreprochable ou l’horreur d’une conscience agitée le reste depend de la fantaisie ou du moins de l’idée, que chaque particulier se fait des choses et des objets, qu’ils est a merne de voir ä chaqu’ instant, je me vois confirmée tous les jours dans mon idée et trouve toujours de nouvelles preuves de ce que j’ai avancé. tel se fait une féte d’une partié de chasse, qui afflige et desespere une autre, j’ai vu Cephise pleurer de devoir partir pour une Campagne, oü eile állóit pour deux jours, tandis IV. 12. qu’Aminte, sa soeur, ne se possedoit pas de joie dans l’idée du plaisir, qu’elle se promettoit de ce plaisir, qui pour l’autre est une source de chagrin, je demande: oú est la joie et la tristesse en cette occasion? l’objet est le merne, il est pris de differens cotés et les differentes idées le rendent ou agreable ou triste, il est vrai, me dira-t-on: mais n’est-ce pas de la difference des caracteres

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