Mitteilungen des Österreichischen Staatsarchivs 4. (1951)
INALCIK, Halil: Timariotes chrétiens en Albanie au XVe siecle d'apres un registre de timars ottoman
120 Halil Inalcik Klisura, 2 ä Tomorince (Tomorricé). Seulement 24 timars dans ce nombre n’atteignent pas 2000 aspres (la moyenne des timars du Sandjak). A voir tous les autres timars inscrits sur le registre, l’on conclut que la proportion des revenus élévé parmi les timars chrétiens est relativement forte. Un nombre assez important — dix neuf — de ces Timars chrétiens porté la mention ancien („Kadími“), accompagnéeparfois de la mention: „il posséde depuis longtemps“ ou bien: est en possession du bérat du Sultan défunt. Dans quelques-uns, on trouve en addition, la mention, comme quoi le pere du détenteur, possédait aussi le Timar, sous le regne du Sultan défunt; le cahier ayant été rédigé sous Murad II, il est hors de doute que ,,le Sultan défunt“ en question n’est autre que Mehmed Ier. II s’ensuit que l’origine d’une partié des Timars chrétiens remonte sans conteste jusqu’au régne de Mehmed Ier; mais il est probable que ceux portant la mention „Kadími“x) soient encore plus anciens et puissent remonter jusqu’ä Yildinm Bayezit. Car nous savons qu’en Albanie, des beys de Bayezit, tels que Yakup Pacha et Hoca Firuz Pacha avaient déclaré, d’aprésnotre source, des «mécréants» (chrétiens) exempts d’impőt et les avaient chargés de la garde de citadelles, d’oü nous concluons que dés cette époque, les Ottomans avaient commencé d’organiser leur conquéte albanaise. Ces mentions sont en concordance avec les renseignements fournis par les sources historiques au sujet des premieres conquétes ottomanes en Albanie. II est difficile de prétendre qu’aprés la bataille de Viyose (Voissa) en 1385, l’administration ottomane s’est établie en Albanie. Mais aprés cette recontre oű Balcha II trouva la mórt et son armée fut détruite, les principaux seigneurs albanais semblent avoir reconnu la suzeraineté du Sultan 1 2). Les Ottomans, fidéles ä la méthode de conquéte qu'ils appliquaient partout ailleurs, se contentérent ici aussi de ce succés, comme d’un premier pás. Les seigneurs albanais gardérent leurs positions, á condition de payer le harac, d’envoyer leurs fils en otage ä la cour ottomane, de fournir des troupes auxiliaires. De la sorte, les families les plus connues du pays: les Balcha, les Dukagin, les Coia Zaccaria, les Musachi, les Zenebissi, les Araniti, les Kastrioti, reconnurent le Sultan ottoman comme leur suzerain. Nous voyons déja vers 1386 les plus puissants seigneurs d’Albanie, les Balcha, aprés la défaite de Viyose reconnaítre la souveraineté 1) ,,Kadim kirk elli yila denilmez, kadim oldur ki ewelin kimesne bilmiye“ (Kanunnáme de Süleyman, Milli Tetebbular Mecmuasi, No I, p. 98). 2) Jorga, GOR, I, p. 261.